Premier clip de campagne ce soir pour #Gérard Filoche, diffusé sur son site et son espace Facebook. Mais c’est surtout son intervention sur LCI, jeudi soir, qui a retenu l’attention. Pour lui, avoir Hamon, Lienemann, voire Montebourg pour concurrents sur des positionnements voisins n’est guère un handicap. En interne, on le dit (perfidement ?) plus proche des thèses de Mélenchon que de celles d’un Montebourg, et son étiquetage "gauche de la gauche" le place à sénestre toute.

 

Militant PS depuis 1994

Mais c’est un vieux routier depuis son encartage au #PS fin 1994. Il siège au bureau national, par intermittences, depuis 2000, et actuellement. Fils du peuple (père cheminot, mère aide-soignante), ayant exercé divers tous petits boulots avant et après sa maîtrise de philosophie, il est surtout connu en tant que syndicaliste retraité de l’Inspection du travail. Il dispose d’ailleurs d’une chronique permanente à Siné mensuel sur les droits et conflits des salariés. Dans son entretien avec LCI, il donne rendez-vous pour la manifestation unitaire contre la loi El Khomri du 15 septembre prochain et élide le "François" de F. Hollande. Dès avant l’annonce de la primaire, il s’était déclaré candidat si et seulement si la consultation était unitaire (avec toutes les composantes d’une gauche dite de gouvernement, voire élargie à des formations ne disposant pas d’élus).

 

Programme social fort

Il a franchi le pas en Juin dernier et défendra un programme de réévaluation du Smic, d’abaissement à 32 h de la semaine de travail, de retour à la retraite à 60 ans, de limitation des effectifs de précaires à 5 % dans les entreprises, et de limitation des hauts salaires. C’est sa formule "1 800-32-60-20-5". On doute qu’il croirait à la numérologie ou puisse espérer qu’une telle martingale puisse s’imposer au PS. Mais dans le cadre d'un programme concerté avec communistes, écologistes et mélenchonistes, pourquoi pas ? "Les gens croient que c’est enterré, qu’il va y avoir trois #Primaires (…) Je lutte contre ce scénario et ce n’est pas plié", espère-t-il, en appelant encore à une grande primaire unitaire. C’est tout juste s’il ne suggère pas à son "ami Mélenchon" de s’y soumettre et donc de renoncer à sa candidature en solo. "Qu’il fasse 12 ou 13, on s’en fout, cela n’a aucune importance à l’arrivée : on ne sera pas au second tour (…) il faut une seule primaire", insiste-t-il à l’adresse de l’ex-chef de file du Front de gauche devenu électron libre. En fait, il envisage une primaire élargie "à deux tours" qui forcerait François Hollande à tirer les conséquences du total des voix opposées à son programme et sa candidature. Une sortie digne, en quelque sorte. Filoche accuse Hollande d’avoir fait des choix "pour la finance" au détriment de l’emploi. Il ne croit pas à une campagne présidentielle sur des thèmes identitaires alors qu’une moitié des retraités ont un revenu de moins de mille euros, que les salariés "et les gens n’arrivent plus à vivre". "Les gens veulent quelque chose dans leur assiette (…) une école qui soit à la hauteur", a-t-il insisté : "Vous allez m’amuser avec le burkini quand on a six millions de chômeurs ?". L’aile droite néo-libérale du PS serait minoritaire lors d’une primaire élargie, début décembre et non début janvier, estime-t-il.

 

Dans son clip de campagne, il estime que son programme relancera l’économie. "Battons-nous d’abord pour cette primaire, et on aura le programme à la fin", conclut-il en évoquant, sans le citer, le Programme commun ayant permis à François Mitterrand d’accéder à l’Élysée.