Acrimed, l'Observatoire critique de la #Presse, a publié le savoureux communiqué du SNJ-CGT (différent du SNJ-Union syndicale Solidaires, mais qui pourrait le reprendre à son compte). #Nicolas Sarkozy, le Gaulois compatriote des soldats musulmans tombés pour la France, n'a pas trop évoqué ces derniers lors d'un dîner-débat de l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Il a servi à l'auditoire ce qu'il voulait entendre, à savoir «ça va demander (...) certainement des médias orientés un peu plus comme Valeurs actuelles et un peu moins comme France Télévisions ». Un peu plus tard, toujours sobre mais grisé par les applaudissements, il ajoutait « les journalistes de France 2, ça donne une idée de ce qu'était Che Guevara ». Non parce qu'il était incommodé par la fumée de leur cigare (car s'il avait déclaré, sur France 2, « je n'ai jamais fumé de ma vie », L'Amateur de cigares saluait l'un des siens, appréciant les havanes).

Sa potion magique : ses partisans

Le SNJ-CGT estime que le candidat LR multiplie « toutes les outrances pour exister dans les médias et ramener son électorat parti à l'extrême-droite ». Pujadas, dont je ne connais pas l'orientation syndicale, osera-t-il se grimer d'une barbe et se coiffer d'un béret pour mener avec lui un entretien ? Le SNJ-CGT relève que dans Tout pour la France (livre qui n'a pas vraiment été caviardé ni classé vertical par la presse écrite ou audio-visuelle), Nicolas Sarkozy souhaite retirer au CSA la nomination des présidents des chaînes publiques, et leur couper totalement la publicité (sans relever la redevance, suppose-t-on). « Quant à la nouvelle chaîne d'info du service public, écrivait-il, quelle est son utilité alors même qu'il y a déjà trois chaînes d'info gratuites. » Là-dessus, mes ex-camarades et amis (j'étais CFDT mais très copain avec les confrères SNJ, partisan de l'intersyndicale), je crains que les embauches de l'une finiront par être compensées par les suppressions d'emploi des autres chaînes.

Pas à une contradiction près

Le communiqué a retrouvé aussi cette phrase hilarante : « la dérision, la polémique, l'investigation racoleuse ont trop souvent pris le pas sur la découverte, la science, la culture... ». C'est vrai qu'en entretien avec la presse, le candidat cite tant et tant de livres et d'auteurs qu'on se demande s'il n'a pas appris une fiche par cœur. Mais là encore, on pourrait être d'accord si Nicolas Sarkozy ne créait pas si bien la polémique. Tout cela conduit « à des orientations politiques de plus en plus xénophobes et à des régressions sociales ». Eh, il faut suivre : si le candidat n'a pas évoqué les soldats indochinois de l'armée française, il se veut aussi gaulois que tous les autres soldats africains et aussi franc désormais que les rois mérovingiens

Pujadas et Léa Salomé louangés

Par ailleurs, Acrimed publie un article de Julien Salingue consacré au différend entre Michel Field et David Pujadas ou Léa Salamé et Élise Lucet « journalistes intransigeants ». L'équipe de campagne du candidat aurait bien mis dans la balance sa participation à « L'Émission politique » et la diffusion de l'enquête sur l'affaire Bygmalion (qui sera diffusée le 29 septembre). Ni Salamé, n'ont interpellé Nicolas Sarkozy sur cette affaire. Ce qui n'aurait pas manqué s'il s'était agi de la BBC ou de CNN. En fait, Sarkozy, c'est un peu comme Zemmour. Si c'est polémique, le buzz est garanti, donc on retend les micros, on ressort les stylos. Avec son livre, Sarkozy n'aurait-il pas privé d'audience et de lectorat des ouvrages de culture, de découverte, de science ? Ou des essais d'investigation peu racoleuse que la presse mentionne fort peu ou nullement ? Par exemple sur le poids du chômage que ni droite, ni gauche, n'arrivent à juguler. L'Express considère que Nicolas Sarkozy sature l'espace médiatique. Ce n'est pas qu'au détriment d'autres candidats. C'est Toutatis, tout-tout pour moi-moi. Petit hic : le dernier sondage BVA pour la presse régionale place Alain Juppé 12 points devant lui (56%-44%). #Télévision