Emmanuel Macron manque de temps, moyens, et petites-mains. La preuve, ce samedi, la page d’accueil du site En marche ! comporte toujours la phrase « je suis ministre de l’Économie (…) depuis près de 18 mois ». Mais son mouvement compterait à présent quelque 72 000 inscrits (gratuitement), dont 12 000 très récents (parmi lesquels 2 000 au soir de l’annonce de sa démission).

Pour que son maillot dure, amis, donnez à Emmanuel Macron !

La mise à jour tarde, mais l’appel à fouiller ses poches pour soutenir la cause n’a guère lambiné. Tous les inscrits ont reçu une circulaire incitant à donner une contribution « pour recruter de nouveaux talents (…) organiser des déplacements ». Incidemment, on peut se demander pourquoi une formation qui n’est ni un parti, ni un syndicat, ni une fondation d’utilité publique peut évoquer les 66 % de déduction fiscale. Simple anticipation ? Non, la Commission des comptes de campagne s’était empressée d’accorder son agrément à l’Association pour le renouvellement de la vie politique (surnommée En marche !). Bizarre autant qu’étrange, insolite en regard d’autres demandes.

Macron appelle aux dons en soutenant que l’ambiguïté soit levée depuis sa démission. Elle subsiste puisque, que l’on sache, les élus et parlementaires PS adhérents n’ont pas renvoyé leur carte à Solférino. Il en est certes de même pour ceux ayant rejoint le Front démocrate de Bennahmias, Placé et consorts, mais l’UDE (Union des démocrates et écoligistes), sa nouvelle appellation, s’affirme encore alliée du PS et du PRG. François de Rugy et Bennahmias sont candidats aux primaires socialistes, pas – encore ou jamais ? – Macron qui « n’est pas socialiste ».

Surnommé « le candidat du CAC 40 », Macron s’adressera jeudi, à Londres, à un panel de personnalités du monde des affaires. Il avait déjà traversé la Manche en avril dernier et selon de mauvaises langues ou Le Point, levé 12 millions d’euros sur son seul nom. Que nenni, rétorqua-t-il. Macron n’aurait pas non plus activé Christian Dargnat, ancien DG d’une filiale de la BNP, pour rencontrer des dirigeants d’entreprise(s).

Mais personne ne dément que le fund raising a débuté très en aval, en vue de récolter 18 millions d’euros. Eh oui, le candidat Macron ne joue pas dans la même cour que Jean Lassalle, député désormais sans étiquette des Pyrénées atlantiques qui a effectué un tour de France à pied avant de déclarer sa candidature.

M’sieur et M’dame Macron veulent quadriller le territoire, mais non point en Kangoo ou Clio. La Corrèze en jet privé vaut mieux que le Zambèze en 2CV et pédalo. Et il faudra bien tenter de figurer auprès d'Angela, de Vladimir, d'Hillary et autres, question de crédibilité internationale.

Au plus offrant ?

Après Londres, Macron se rendra en Seine-Saint-Denis. En métro ou bus ? Peut-être, cela ferait une bonne photo que Paris-Match mettrait en couverture. Reste à savoir si le présumé candidat prépare un simple tour de piste, et vise ou non surtout la présidentielle de 2021. Selon Brigitte Trogneux, sa compagne, son âge pourrait handicaper son partenaire dans cinq ans. Pas du tout, l’aurait assurée Valérie Trierweiller qui soutient Emmanuel, selon les gazettes. La scène aurait été immortalisée par un selfie des deux (ex et future ?) premières dames.

Gendre idéal pour les grands-mères et ménagères de plus de 50 ans, Emmanuel ne serait pas apprécié par 65 % des sondés (par Elabe, avant-hier) mais 34 % souhaitent sa candidature (contre 21 pour Sarkozy, et 14 pour Hollande). Il serait même donné en tête devant Marine et Nicolas. C’est tout bon pour faire tourner les rotatives et amplifier le buzz. Et l’hypothèse Macron Premier ministre de Juppé ? Prématurée ? S’il a vraiment des chances, Macron se présentera, autrement, il se vendra. Et il a déjà démontré qu’il sait se vendre

Pour Julien Dray, hypnotisé par le bling-bling, son ex-pote Macron serait « fasciné par lui-même ». Ce en quoi, parmi les candidats, il reste ordinaire. #Élections #Finances #Emmanuel Macron