Cela n’enlève rien à la pertinente analyse de Lucien Pambou sur Blasting News et les différends entre Jean François Copé et #Nicolas Sarkozy. Sauf sur un point : Sarkozy (ou Fillon) n’a guère de motifs d’obtenir des tribunaux que Copé soit condamné. Retour sur des propos incendiaires.

Injures publiques ?

Après Patrick Buisson, qui n’a rien à craindre de l’ex-avocat Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé a livré au Monde d’hier, daté jeudi, un florilège de petites phrases assassines. Contre un peu tout le monde. Alain Juppé n’aurait pas pressenti qu’un Copé viré de la tête de l’UMP, « c’est Sarkozy qui arrive ». Nathalie Kosciusko-Morizet s’en prend à Copé pour « exorciser sa défaite à Paris » contre Anne Hidalgo. Fillon magouille contre lui, avec Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée, pour faire tomber et l’appareil UMP, et Copé, et Sarkozy, avec l’affaire Bygmalion. Mais Sarkozy est le principal visé : « le parti est à lui, il peut tout contrôler (…) il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal. ». Bah, oui, Nicolas Sarkozy est l’objet de l’attention de la justice, pour de multiples affaires, dont le financement de sa campagne de 2012 n’est pas la moindre, mais Alain Juppé en a dit tout autant sans que son rival réagisse publiquement ou judiciairement. « Il est le suzerain, vous êtes vassal ou rival », insiste Copé. Ni diffamation, ni injure publique, ni diffusion de fausse nouvelle : personne n’est allé lyncher Carla Bruni, le trouble à l’ordre public est inexistant. Après ses déclarations au Monde, Copé s’est montré à la basilique de Saint-Denis et a dénoncé un Sarkozy « qui n’a de cesse de regarder les sondages », qui multiplie « les paroles fortes » et « les faits qui le sont moins ». Dire qu’on « a fait n’importe quoi » en Libye, ce n’est pas dire qu’il était impossible de bloquer le convoi de Kadhafi en un seul passage d’un mirage Dassault, qu’au vu des dégâts, il y en eu au moins deux, et que la personne même de l’ex-dirigeant libyen était visée pour le faire taire. Copé ne l’a pas dit, moi non plus. C’est improbable, ce n’est pas diffamatoire, et ce fut tellement répété depuis le délai de prescription écoulé qu’il serait insolite – et perdu d’avance – d’intenter des poursuites. Copé, qui contrairement à d’autres, n’a pas décroché son diplôme de Sciences Politiques, ni sa sortie de l’Éna en fouillant une pochette-surprise, n’est pas si naïf. Il a aussi obtenu le Capa (d’avocat), sans passe-droit du barreau. « Je ressens beaucoup de mépris (…) les gens deviennent fous » : Nicolas-le-Fol ne peut pas davantage s’offusquer que de démentir le message de Jérôme Lavrilleux (directeur de cabinet de Copé) indiquant que « JFC en parlé au PR » (au président, des dépassements des frais de campagne).

Financement occulte

Quand Copé est conforté par Lavrilleux qui déclare « celui qui a fait office d’agent libyen en 2012, c’est l’UMP », que Copé dit « c’est quoi le financement alors ? Sarkozy se fragilise en voulant mentir », tout le monde a compris qu’ils ont eu les « bons passages » de l’enquête d’Envoyé Spécial sur Bygamalion. Frank Attal dit avoir été convoqué par Lavrilleux et sommé de mettre en place une double facturation et Guy Alvès, fondateur de Bymalion, admet qu’il devait soit financer à perte la campagne de Sarkozy, soit recourir à une double facturation. Le prix officiel est parfois de 100 000 euros, le réel de 700 000 et Sarkozy voulait que le contribuable couvre en large partie. Sarkozy déclare ignorer Attal, on les voit ensemble. Lavrilleux ne nie pas le financement occulte. Mais il craint : « je ne veux pas finir comme ce ministre (…), Robert Boulin, qui s’est noyé dans dix centimètres d’eau ». C’est moins spectaculaire que le croc de boucher auquel Sarkozy vouait de Villepin, mais tout autant significatif. Pas de quoi pourtant intenter des poursuites… #Jean-François Copé #Élections