Le sondage réalisé après l’émission pilotée par Pujadas et Léa Salame montre que le Président Sarkozy n’a pas été à la hauteur de sa réputation de puncheur et de combattant de la vie politique française. Seuls les partisans de LR ont reconnu sa vitalité au cours de l’émission. Le résultat n’est pas étonnant car Sarkozy a d’abord parlé à son camp en s'attaquant à ses concurrents de la primaire. 

 

On a connu un Sarkozy plus combatif et plus réactif. Il n'a été ni précis, ni incisif sur ses dossiers. En géopolitique, il a été très mauvais. Sur le dossier syrien et le rôle de Poutine, il a confondu les sanctions de l’Union européenne contre la Russie et Poutine parce que celui-ci est en conflit avec l’Ukraine et le rôle que Poutine joue au Moyen-Orient en soutenant Bachar Al Assad. Sur le plan économique, il y a eu des approximations quand il a été interrogé par un militant du Front national à propos des travailleurs détachés. Il n’a pas su donner sa vision précise sur les conséquences de la déstabilisation de la Libye.

 

Sur le plan climatique il s’est enfermé dans une démonstration vague qui attribuait le réchauffement climatique à l’homme et au climat lui-même. Pour éclipser le déni environnemental à propos de l’activité humaine, il a avancé un nouveau thème, celui du défi démographique, en essayant d’expliquer que c’est ce défi-là qui va être premier dans l’ordre des préoccupations mondiales.  Si la démographie est un enjeu important, on peut penser qu’elle va impacter l’environnement et les migrations, ce que Sarkozy n’a pas dit et que je dis à sa place.

 

Sur le plan économique, Sarkozy estime qu’il faut réduire les dépenses publiques et relancer une politique de l’offre en baissant les charges des entreprises. Il a eu beaucoup de mal à démentir l’analyse du chef d’entreprise Front national qui estimait que les charges payées par les entreprises n’en sont pas, mais représentent des cotisations qui sont payées par les entreprises au nom des salariés pour notre système de solidarité.

 

Sarkozy veut diminuer les dépenses publiques sans dire quelles sont les administrations concernées. Il veut baisser les impôts sans savoir que le supplément de revenus obtenu par les ménages n’ira pas forcément à la consommation mais à l’épargne pour les études des enfants ou pour payer les impôts futurs, selon le théorème économique de Ricardo-Haavelmo. On peut penser que la baisse des dépenses publiques et des impôts n’entraine pas forcément une croissance pour l’économie car il y a des facteurs que Sarkozy ne prend pas en compte : la structure des prix français vis-à-vis de l’extérieur et la qualité des produits. Renault ne sait pas faire comme Mercedes, voici ici une preuve de la relation et qualité des produits pour l’exportation.

 

Concernant d’autres problèmes de société, Sarkozy a insisté sur la faiblesse de l’Etat dans sa lutte contre le terrorisme : il faut poursuivre de façon directe les terroristes, ou les présumés terroristes, en les emprisonnant et en les expulsant de France quand ils sont de nationalité étrangère. Concernant l’abrogation du mariage pour tous, Sarkozy a dit que ses convictions étaient ancrées et que lui Président a changé de fusil d’épaule en respectant la décision des Français qui sont d’accord avec le mariage pour tous. A propos de l’affaire Bygmalion, il se dit non responsable et attend avec sérénité la décision des juges d’instruction. Il a accusé Pujadas d’être un juge d’instruction, il a montré son agacement tout au long de l’émission au cours de laquelle Léa Salame lui a dit qu’il avait changé de position entre son mandat de 2007 et maintenant sur les problèmes de société.

 

Sarkozy a paru agacé et très peu sûr de lui. J’attendais un Sarkozy combatif, mordant et précis, j’ai été déçu, même si la plupart de mes camarades militants par peur et par allégeance permanente, vont me dire le contraire. Et Juppé apparaît donc comme le meilleur candidat de la primaire et pour la France car précis sur l’analyse économique. #Alain Juppé #Élections #Nicolas Sarkozy