Les parlementaires du PS sont invités à signer une lettre ouverte dont l’auteur reste inconnu. C’est un appel à François Hollande pour qu’il renonce à se représenter aux #présidentielles. « C’est l’honneur d’un président de la République de mettre fin au suspense qui paralyse et glace le système et d’annoncer qu’il renonce ». Cet appel vise à permettre que la gauche puisse « se construire un avenir avant qu’il ne soit trop tard ». La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire, a fait état de cette lettre ouverte collective, ou pétition, sur les ondes de Public Sénat et Sud Radio. Selon elle, un nombre important de députés estiment que #François Hollande « n’est plus en situation » de se représenter. Nombre de députés frondeurs sollicités pour signer estiment que le Premier ministre, #Manuel Valls, en serait l’inspirateur. D’autres supputent qu’Arnaud Montebourg, en accord tactique avec Manuel Valls, aurait lancé ce brûlot tout en incitant ses partisans à ne pas apporter leur appui. C’est en tout cas, rapporte Le Figaro, la consigne donnée par le député Philippe Baumel, très proche de Montebourg : « pas question de signer un tel appel ». Patrice Prat, lui aussi proche de l’ex-ministre de l’Économie, surenchérit : « je ne connais ni l’origine, ni les auteurs… Je ne souhaite pas être instrumentalisé ».

Valls, Montebourg ou… Macron ?

Tout est envisageable : l’auteure ou l’instigateur peut avoir agi en solo, avec ou sans l’approbation de l’une ou l’autre des candidats à la primaire ou même celle d’Emmanuel Macron qui compte des soutiens dans l’appareil du PS (des députés, le maire de Lyon, &c.). Ce pourrait être aussi Claude Bartolone qui, selon Le Canard enchaîné, s’est dit « humilié » par les propos de François Hollande consignés dans Un Président ne devrait pas dire ça. Ou encore Manuel Valls estimant « il faut maintenant éviter que ce suicide personnel ne devienne collectif ». Jean-Marc Ayrault, son prédécesseur, est aussi peiné et soucieux de l’avenir du parti. Même Ségolène Royal est évoquée. Mais cela pourrait être une initiative personnelle de tout élu, toute candidate à retrouver son siège à l’Assemblée ou au Sénat et craignant qu’une déroute de François Hollande à la présidentielle ait des répercussions dans sa circonscription. Pour Florent Boudé, les entretiens de François Hollande avec les journalistes Daval et Lhomme auront de lourdes conséquences « pour l’avenir de la gauche ».  Un autre appel avait été prévu, selon L’Obs, pour préparer l’entrée en campagne du président. Beaucoup de parlementaires s’étant désistés, l’initiative semble enterrée. « Je veux bien qu’il soit obstiné, mais il y a des limites entre l’obstination et la bêtise », a encore commenté Marie-Noëlle Lienemann. Malek Boutih a été tout aussi ferme : « Hollande ne peut pas détruire tout un collectif ». Il s’est prononcé pour Manuel Valls, qui hésiterait encore. Par ailleurs, un grand nombre de collaborateurs présidentiels qui avaient activement participé à la campagne de 2012 ont quitté l’Élysée ou divers ministères. Pour Atlantico, ce serait « un hebdomadaire » qui aurait fait circuler cet appel en espérant le publier la semaine prochaine. Hypothèse plausible. Peu importe son origine : l’effet est réussi, même si personne ne signait. Le sénateur Luc Carvounas et bien d’autres au PS urgent François Hollande de se déclarer soit candidat, soit hors-jeu. C’est aussi l’opinion du sénateur Gaëtan Gorce. D’autres se rassurent, le livre « n’aurait pas touché France profonde ». Ce n’est pas l’avis de nombreux élus locaux ou revenus le week-end dernier dans leur fief. Coup monté ou pas, du moment que c’est vraisemblable, cohérent avec ce qui se constate chez les parlementaires, cela devient crédible. Et désastreux pour François Hollande. Selon un récent sondage Ifop, seuls 14 % des électeurs souhaitent qu’il se représente. Son plus farouche « partisan » reste Jean-Luc Mélenchon qui adorerait l’affronter ainsi que Nicolas Sarkozy.