La France touchée par une vague d'#attentats, la France meurtrie, la France terrorisée mais la France debout. A-t-elle le choix ? Les familles des victimes de ces attaques, notamment celles qui ont touché notre pays depuis le 7 janvier 2015 avec l’onde de choc de Charlie Hebdo, n’oublieront jamais. Les autres, pas vraiment non plus. D’#Hommages en #commémorations, de commémorations en décorations, de décorations en inaugurations, le chef de l’Etat donne un nouveau rendez-vous à l’empathie des Français vendredi 14 octobre pour les … trois mois de la tragédie de Nice. Pour rendre hommage aux familles, naturellement, mais comment ne pas penser que le gouvernement viendra aussi laver l’affront des huées en direction de Manuel Valls, le 18 juillet, lors d’un premier moment dit de recueillement. Pas sûr que Hollande ne soit, non plus, le maître de cérémonie pour le premier anniversaire de la tuerie de la promenade des Anglais en 2017. On ne voit pas, par contre, le chef de l’Etat passer à côté d’un hommage appuyé au Bataclan, le 13 novembre prochain. Tueries de masse contre actes isolés ? Certaines familles pourraient trouver disproportionné, car bien faible, le traitement réservé aux victimes d’actes moins médiatiques. Qui se rappelle de ce chef d’entreprise décapité, dans l’Isère à St-Quentin-Fallavier, alors que le père Hamel, tué de la même manière est encore dans toutes les mémoires. Lui qui a été commémoré trois fois, tout le monde rappelant à l’époque que cet homme simple n’aimait pas trop les honneurs ! Dimanche 11 janvier 2015, notre nation avait mis la barre haute, il est vrai.

On commémore surtout dans les pays riches

Sur la longue liste des attentats dans le monde, les drames de Charlie Hebdo et autres arrivaient juste après les attentats de Boko Haram attaquant un village au Cameroun (30 morts), le 28 décembre 2014. Le massacre de Baga, au Nigéria le 8 janvier 2015 a fait, lui, 200 morts, 2 000 personnes disparues ! Ce dimanche 11 janvier 2015 c’est pourtant à Paris que le monde entier s’était donné rendez-vous. La diplomatie a ses codes. Et son protocole. Pas moins de quarante-quatre chefs d'état, défilant bras dessus bras dessous, presque de manière improvisée. Presque, puisque François Hollande avait tenu à avoir Angela Merkel à sa gauche, le président Keïta du Mali, à sa droite. On comprend aisément les deux symboles, l'un en direction de l'ami africain, l'autre pour la plus fidèle des européennes. La France est Charlie, les déclinaisons sont sans fin : autocollants, tee-shirts, banderoles... profils Facebook modifiés. Tout cela est bien loin. Difficile de faire mieux que ce million de Français lors de ce rassemblement du 11 janvier 2015. Les Français compatissent, mais ils doivent vivre. Se souvenir certes, mais vivre. Et à la longue, les hommages télévisés en direct pourraient desservir ceux qui en abuseraient. Ainsi, François Hollande a tenu à en faire beaucoup pour la reprise d’activité de Michel Catalano, un imprimeur attachant, courageux. Comme des centaines d’autres, anonymes, pansant encore leurs plaies ou se battant pour une reconnaissance de leurs blessures, voire une indemnisation. Hollande et Cazeneuve, son ministre de l’Intérieur ont plutôt réussi leur examen de passage lors de leurs sorties sur les lieux des drames. Les Français attendent toutefois autre chose, notamment des actes.