C’est un paradoxe. Les Français ont été 5,6 millions à regarder le premier débat de la primaire à droite, dans le cadre de l’élection présidentielle 2017. Un chiffre excellent pour une émission proposée sur une seule chaîne TF1. Pas sûr qu’il y en ait autant, jeudi 3 novembre, et pas seulement parce que les chaînes d’infos i-Télé et BFMTV seront aux manettes. Juste parce que le « spectacle » offert par les sept candidats a été très moyen.

Une journaliste américaine: "votre débat était un grand oral qui n’a rien apporté"

Gilles Bouleau, journaliste en chef du premier #débat avait senti la lourdeur des modalités de l’émission, lançant « merci d’avoir accepté des règles un peu contraignantes » aux candidats avant de conclure. Il ne faut pas se tromper, certains des 5,6 millions de téléspectateurs devant leur écran l’étaient, aussi, pour la « castagne » à laquelle ils n’eurent pas droit. Si l’on a parlé d’une lourde charge de Coppé face à Sarkozy, tout est relatif. De même quand Le Maire s’est permis d’évoquer la condamnation passée de Juppé.

En pleine campagne de Présidentielle aux Etats-Unis, en plein affrontement Trump-Clinton, certains Français ont sans doute cru que le débat, sans être le même, serait toutefois plus musclé. Toute la différence vient d’ailleurs de là, de débat il n’y a pas eu. Une journaliste américaine, d’origine française et en poste à Los Angeles, depuis une dizaine d’années, a cru voir « un cours dans une Université avec des élèves répondant à des questions. En fait, votre débat était plutôt un grand oral qui n’a rien apporté ».

Pas étonnant alors que les deux heures d’émission n’aient rien changé dans les intentions de vote. Deux, trois, quatre… « débats », conçus de la sorte, ne déboucheraient sans doute sur rien de plus. C’est pourquoi Thierry Solère, le président du comité d'organisation de la primaire, rencontre les représentants de chaque candidat pour imaginer autre chose, reconnaissant lui aussi : « On ne va pas reproduire le même débat ». Les organisateurs pourraient laisser plus de liberté aux candidats puisque, malgré les conditions plus que drastiques de l’épisode numéro 1, Sarkozy a pu « voler » une minute qui lui a permis de conclure. 

Que les candidats soient responsables lors du deuxième débat

En fait si TF1 avait ainsi verrouillé, c’est que les « politiques », par moment, se conduisent à peine mieux que des gamins le dernier jour d’école de l’année. Tout excités, dit-on pour les enfants. Pour les politiques ? Pas très disciplinés, pas réglos ou pas polis. Espérons que tous mettent de la bonne volonté pour ce second débat, particulièrement intéressant puisque avant-dernier de la série. Avant la manche du 17 novembre, trois jours avant le premier tour de la primaire.

Mais, attention, si les Français sont une nouvelle fois au rendez-vous ce sera pour un vrai débat, animé… mais sans tomber dans les excès américains. On semble en être loin. Surtout, ils aimeront à coup sûr comprendre les propos des candidats qui devront faire l’effort d’être audibles et moins techniques que la première fois. Pour une confrontation plus « bestiale», il faudra sans doute attendre la quatrième manche, le 24 novembre entre les deux rescapés de la primaire. Un tête à tête annoncé entre un Nicolas Sarkozy qui n’aurait pas grand-chose à perdre, et qui, dans cette posture, peut-être brutal et un Alain Juppé qui devra gérer et qui pourrait, au plus perdre… son sang-froid.

Jeudi 3 novembre 2016 : 21h, Diffusé sur i-Télé, BFMTV, animé par Laurence Ferrari avec Michaël Darmon pour CNews et Ruth Elkrief pour BFMTV. La journaliste Appoline de Malherbe interrogera les candidats sur leur projet #Politique. Jeudi 17 novembre 2016 - 21h00 sur France 2 et LCP #TV