Ils ne l'avaient pas lu qu'ils le commentaient déjà. Le livre de 662 pages de Fabrice Homme et Gérard Davet n'a pas fini de faire parler dans le petit monde de la politique. Pas sûr que le Français lambda ne sacrifie ses soirées, pour prendre connaissance en profondeur des confidences de leur président. Fallait-il consacrer plus de soixante rendez-vous pour ces journalistes ? Fallait-il à ce point commenter ses moindres faits et gestes ? Fallait-il s'affaiblir un peu plus. Voici ce que les "favorables" au livre peuvent rétorquer aux "détracteurs" de "Un président ne devrait pas dire ça...".

Pour et contre "Un Président ne devrait pas dire ça"

POUR :  Le Président a été très courageux d'accepter la proposition des journalistes. Certes, au départ ce devait être un livre sur les 100 premiers jours. Finalement, ils l'ont suivi durant cinq ans. Et il faut donc relativiser le poids de la soixantaine de rendez-vous. Non, #François Hollande ne passait pas son temps avec ces auteurs, juste une entrevue par mois. Aujourd'hui, la France n'a droit qu'aux passages concernant les magistrats et les sportifs. C'est réducteur, alors qu'il s'agit d'un annuaire de 662 pages. ll balaie vraiment tout. Parlant de Marine le Pen: "Le Pen père était obsédé par les Juifs, Marine le Pen n'est obsédé que par les Musulmans. Le Pen père était contre l'immigration, Marine le Pen contre la francisation, les gens gens qui accèdent à la nationalité, le métissage...". (page 322). Et puis au jeu des phrases, de ces quelques mots si commentés, on aurait pu ressortir celle-ci, "Ecouter un ancien président, c'est courageux de la part des magistrats" (page 387). Courageux ! Magistrats ! Et l'histoire eut été différente.

CONTRE: Un Président de la République n'est pas là pour parler autant à la presse, pour boire "l'apéro" avec des auteurs, pour échanger avec des journalistes, fussent-ils brillants et professionnels. Ce n'est pas à travers un livre aussi épais que le Président parviendra à parler au peuple... qui ne le lira pas. On a entendu qu'il s'en prend aux magistrats, certes... mais aussi aux sportifs ! Voilà ce que la France des campagnes, la France des banlieues va retenir. Le Président est vraiment au ras des pâquerettes dans les études des instituts de sondage. Il ne va sans doute pas redorer son blason en s'en prenant à tout le monde. Peut-être voulait-il annoncer ainsi qu'il renonçait à se représenter ? Il aurait pu le faire plus simplement. Lors des primaires et de l'élection présidentielle on s'étonnera sur les plateaux télé du manque d'intérêt des Français pour la chose politique. Faudra-t-il s'étonner ?

A #Florange, haut-lieu d'un conflit très dur, le président pourrait encore connaître un moment pas facile, aujourd'hui. #Président de la République