C’est l’hebdomadaire de droite, #Valeurs actuelles, qui se lance, cette semaine, dans la publication d’un dossier: « #Guerre civile. Faut-il craindre l’embrasement ? ». Lequel embrasement prend, pour le magazine, la forme d’un embrasement de la Tour Eiffel ! Rien de moins. S’il est vrai que depuis plusieurs mois des mots forts sont lâchés, on peut se demander quelle est la part de la communication et de la réalité. La vérité est sans doute entre les deux. La succession des attentats a rapidement contraint chef d’Etat, ministres et parlementaires à évoquer les menaces terroristes en expliquant que notre pays était en guerre. Et en laissant la population bien désarmée, celle-ci ayant pour principale arme pour se défendre que d’être… vigilante ! Conseil bien insuffisant pour la majorité des Français mais, que dire de plus ? On ne peut pas classer les guerres, on ne peut pas classer les attentats. Mais la possibilité d’une guerre civile prend une nouvelle ambition. Elle ne pourrait être que la conséquence du « jeu » de certains pays, armant les bras de « nos » terroristes. Autant dire que son déclenchement serait la victoire d’une poignée à l’échelle de notre pays. Et la défaite, ni plus ni moins, de la démocratie.

Une guerre civile qui provoquerait "l'effondrement de la France en trois jours"

Dans son dossier, Valeurs actuelles, entretient la peur. "Chroniques barbares" reprend les grandes émeutes en France : celles de Vaulx-en-Velin, dans la région lyonnaise en 1979, et celles de Moirans, encore en Rhône-Alpes mais cette fois dans l’Isère en 2015. « Les citoyens subissent quand les autorités faiblissent » peut-on lire sur une page illustrée par la photo de ce policier en feu, le 15 septembre 2016. Laurent Obertone, auteur de Guérilla, monte d’un cran dans l’ambiance anxiogène actuelle de notre pays. « Il « imagine une guerre civile dans un avenir proche et l’effondrement de la France en trois jours ». Et, en reprenant les propos, le 24 mai 2016 de Patrick Calvar, le directeur de la DGSI, on comprend que la menace est sérieuse. « Nous sommes au bord de la guerre civile ». Histoire d’enfoncer le clou, le journal fait du port d’armes l’un des axes de son dossier sans oublier, bien sûr, de demander son avis à Eric Zemmour paraphrasant Jaurès : « …la société multiculturelle porte la guerre civile comme l’orage porte la pluie… ». Plus inquiétant, Alain Juppé, mieux placé que quiconque pour s’asseoir dans le fauteuil du chef d’Etat : « Si nous continuons comme ça, nous allons vers la guerre civile… ». Si « nous » continuons… ? Nous, les Français ou les politiques ? Une chose est sûre, les discussions autour de l'éventualité d'une telle catastrophe sont telles en France aujourd'hui, qu'il est nécessaire, là aussi ... de rester vigilants ! #Emeutes