Hollande est contradictoire et prêt au combat, contradictoire après ses déclarations dans le livre de Davet et Lhomme « Un Président ne devrait pas dire ça ».  « Prêt au combat », dans le Nouvel Observateur édition n°2710 du 13 au 19 octobre 2016, Hollande avoue que son diagnostic sur l’économie française n’était pas bon. Il était préoccupé par la question budgétaire que la crise financière imposait, il n’avait pas compris que la France subissait une dégradation industrielle. Il a donc pris des décisions contra-cycliques visant à augmenter les impôts plutôt que les baisser. Il a voulu rétablir la réalité des comptes face à Bruxelles tout en concédant que les objectifs en matière de déficit ne seraient pas atteints et qu’il fallait plus donner des gages aux entreprises en allégeant les charges de celles-ci de 20 à 30 milliards. Il estime que les marges des entreprises et l’investissement repartent et que les entreprises doivent jouer le jeu en embauchant.

 

Hollande reconnait qu’il est de gauche, même si ses contempteurs pensent le contraire. Il a augmenté les effectifs dans l’enseignement et il a dû inscrire la France dans trois risques inattendus au cours de son quinquennat : le terrorisme, l’intervention au Mali et la crise des réfugiés. Ces trois éléments l’ont obligé à changer son logiciel en le forçant à apporter des réponses immédiates. Hollande pense que sur le plan social il a mené une politique de Gauche : la pénibilité est intégrée dans le calcul des pensions, le tiers payant est mis en place, la couverture complémentaire santé est étendue à tous les Français et 500 000 personnes qui avaient cotisé plus de 42 années sont parties à la retraite dès 60 ans et non à 62 ans. Concernant la loi El Khomri, il estime que c’est une bonne loi sociale qui institue le compte personnel d’activité, qui généralise la garantie jeune et qui renforce le droit syndical dans les entreprises. Néanmoins il estime que tout reste à faire et que le rapport de force n’est pas favorable aux salariés dans les entreprises. Même si les Français en doutent, lui reste fondamentalement de Gauche même s’il pense que l’élection de 2017 n’est pas totalement jouée. Il estime que ses anciens Ministres ont le droit de se présenter. Il ne pense pas qu’il a été trahi par eux, mais que la vie politique est ainsi faite et que le seul camp qui ne se pose pas la question de son candidat, c’est l’extrême Droite.

 

 

Sur le plan international, il dit avoir œuvré pour réussir la COP 21 et favorisé la promotion des énergies nouvelles. En revanche concernant le terrorisme et une des solutions, à savoir la déchéance de nationalité, il dit devoir regretter d’avoir pris cette décision car il voulait donner des gages à la Droite pour ne pas diviser le pays. Pour Hollande, le Front National est devenu un parti important, mais qu’on n’attende pas de lui qu’il court derrière les thèses du Front National. Il est étonné que la France ne soit plus cette terre d’accueil des migrants et que l’Europe construise des barbelés et des murs aux frontières pour empêcher l’arrivée des migrants. En France et en Europe, on confond immigration et migrations actuelles. En Syrie, il estime que la France n’abandonnera pas Alep, qu’elle fera tout pour sauver la ville, même si des difficultés existent aujourd’hui avec la Russie et hier avec l’Amérique d’Obama dont il pense qu’il n’a pas lâché la France car il voulait être fidèle à sa promesse de campagne de ne plus engager les Etats Unis sur les théâtres d’opérations extérieures.

 

Pour l’identité heureuse de Juppé, Hollande estime que c’est une solidarité malheureuse que Juppé veut instaurer. Les chantiers de demain pour Hollande sont la cohésion nationale, l’amélioration des finances publiques et sociales la modernisation de la compétitivité, la modernisation du droit du travail, la valorisation de la transformation numérique et écologique et le changement de notre organisation territoriale et la mise en place d’une égalité avec l’Outremer.   #Élections #François Hollande #Président de la République