Le Premier Ministre Valls vient de commettre une faute politique en demandant au Président de s’expliquer sur le livre confidences des journalistes du Monde. Hollande en le recadrant montre qu’il est toujours aux manettes et que le livre de confidences n’est pas forcément une catastrophe pour lui, même si les commentateurs de la vie politique disent le contraire.

 

La vie politique française est ainsi faite, de fausses amitiés, de fausses ruptures, de fausses confidences, de fausses dénonciations, alors que tout participe d’une stratégie électorale qui permet à Hollande de dire aux Français ce qu’il est réellement, ce qu’il pense et ce qu’il fait. En somme, Hollande est un Président normal, il nous l’avait dit, on ne l’a pas cru, il vient d’apporter les preuves de sa normalité alors qu’il est au sommet de l’Etat et que les Français souhaitent avoir un monarque, plus qu’un homme normal, à la tête de la République.

 

Sarkozy et Hollande ont désacralisé la fonction présidentielle, parce que l’un et l’autre n’ont pas de culture politique comme pouvaient s’en revendiquer Mitterrand, De Gaulle ou Pompidou et très loin Giscard d’Estaing et Chirac. Le livre confidences sur Hollande est d’abord un livre bilan. Hollande est un homme d’appareil, plus qu’un rhéteur comme peut l’être Mélenchon qui lui est un véritable homme politique, disposé à séduire les publics par sa rhétorique et sa faconde. Hollande est un homme d’appareil et de réseau. Hollande nous prépare en creux les conditions de sa réélection, et, même si tout le monde le donne perdant, lui croit en sa bonne étoile et pense que les éléments de sa réélection sont en route.

 

Le livre confidences est une sorte de déclaration de marketing politique. Il s’adresse aux Français en les apostrophant :

 

« Français, vous ne me connaissez pas, me voici tel qu’en moi-même. Ni mystérieux, ni imprévisible, mais arrogant comme tous vous pouvez l’être quand il s’agit de vous. Je suis donc vous, Français, et j’appartiens à la communauté nationale, malgré ma fonction. Sur le plan international, mon bilan est largement positif, sur le plan intérieur, il y a des doutes. Je n’ai pas réussi à inverser la courbe du chômage dans le sens « du plus d’emplois » comme je vous l’avez promis, mais comme je suis vous, je l’ai dit pour faire bien à un moment où je me sentais en confiance et au sommet de mon Olympe présidentiel. Je reste, comme vous, un peu fanfaron et hâbleur et je comprends que vous allez me le pardonner et voter pour moi en 2017 si je sors intact du marécage des primaires que les penseurs du parti socialiste et de la Gauche veulent organiser. Je vous l’ai dit, il faut liquider le parti Socialiste (comme le rapportent dans leur livre Davet et Lhomme), mais dans le même temps il faut que je dise que je suis socialiste, sinon les gens vont me ranger dans le camp d’Emmanuel Macron, qui est un garçon intelligent car énarque comme moi, mais qui a la parole plus facile, plus ouverte, qui recherche la proximité avec les autres, alors que moi je suis plus introverti et plus calculateur.

 

Voila chers électeurs, le Hollande que je suis, votre Président tel qu’en lui-même, normal comme vous, et qui vous demande une confiance renouvelée en 2017 si vous demeurez vous-mêmes et si vous refusez de vous parjurer. » 

 

Allez, vogue la galère et la gloire en pays gaulois, il n’y a pas de différence entre les deux concepts car ils servent un même objectif : la ruse électorale. #Elections présidentielles #François Hollande #Manuel Valls