Il n’y a pas que le sondage Ipsos-Cevipof (Centre de recherches de Sciences politiques) a créditer Alain Juppé d’un vote d’électeurs de gauche en sa faveur lors de la primaire de la droite. Il y a eu le sondage BVA-SPQR (presse régionale), et un baromètre BVA-Orange. Ce dernier, plus récent, voit #Nicolas Sarkozy reculer de 13 points derrière Alain Juppé. Avec aussi le renfort d’électeurs de gauche… L’effet Buisson ? Sans aucun doute.

Même chez les sympathisants LR

Chez les sympathisants LR (Les Républicains), Nicolas Sarkozy régresse de 12 points derrière Alain Juppé, et passe à la cinquième place. C’est encore plus accentué du côté des centristes. Ce n’est pas fini, car La Croix va publier un supplément à destination des catholiques, les incitant à réfléchir sur le vote FN. Or, depuis la parution du livre de Patrick Buisson, la charge de Jean-François Copé, il est clair qu’il n’y a plus l’ombre d’une feuille de cigarette entre Sarkozy et, non pas le FN, mais Marion Maréchal-Le Pen. C’est ce qui motive des électeurs de gauche à se déclarer – sur le papier – de droite ou du centre, pour voter « tout sauf Sarko ». Donc, très majoritairement, pour Juppé. Seront-ils un sur dix à le faire ? La garde rapprochée de Sarkozy l’exclut. Mais à deux euros le vote (si Juppé est désigné au premier tour), s’offrir le plaisir d’éliminer, un, Sarkozy, puis, deux, de ne pas plébisciter Juppé aux présidentielles (premier tour), et trois, renvoyer Marine Le Pen à Montretout (résidence des Le Pen), c’est irrésistible.

700 lecteurs-électeurs déterminés

Le Monde avait lancé, mercredi dernier, un appel à ses lecteurs de gauche en âge de voter. 700 ont répondu. Ils peuvent encore varier mais « la masse des témoignages reçus est significative d’un phénomène qui s’ancre ». Une semaine auparavant, Libération avait décelé le même phénomène. À gauche, devoir élire Sarkozy est tout autre chose qu’éliminer Le Pen et voter Chirac. Ce sera blanc, nul ou abstention… Au risque de voir Le Pen l’emporter et de se rattraper aux législatives pour la priver de majorité. C’est pourquoi, sur les 10 % des électeurs de gauche qui se rendront à la primaire de la gauche et du centre, 66 % se prononceront pour Alain Juppé (alors que Kosciusko-Morizet semble la plus compatible). Cette dernière lance aussi des appels du pied, affirmant que « la primaire ne doit pas être celle de la droite et de l’extrême-droite ». Entendez celle qui consacrerait un Sarkozy appuyé par l’électorat du FN qui aurait tout à y gagner : même des électeurs de gauche préféreront élire Marine Le Pen que Nicolas Sarkozy. Le « buisson ardent » (La Cause du peuple de Patrick Buisson) les en dissuade. Dans Challenges, Nicolas Domenach, analyse bien comment Buisson en appelle à la « droite des valeurs » pour dénoncer l’imposture d’un Sarkozy vulgaire, inconsistant, mensonger, girouette. La droite modérée est pour Juppé, la droite rigide s’est détachée du Sarkozy bonimenteur.

L’anti-sarkozisme, identité française

Les « Gaulois » en seraient presque à se réconcilier sur le thème du « plus jamais ça, plus jamais lui ». Sarkozy l’identitaire de moins en moins assimilé, c’est l’arroseur arrosé. Plus il insiste sur l’identité française, plus les « Gaulois » s’en détachent. J’ose un parallèle risqué : #Carla Bruni incarne mieux la France que lui, et au fait, où est-elle ? Comme Melania Trump, on ne l’entend plus. Deux épouses très discrètes, des gagnantes qui auraient misé sur des perdants ? Carla Bruni est au défilé Balmain, pose avec Karlie Koss, laisse Laurent Ferlet, un proche, enfoncer son mari dans l’affaire Bygmalion. Selon Patrick Buisson, elle préfère un mari engrangeant des cachets (de conférencier) à un futur président. Elle pose pour Instagram sans maquillage… et sans son mari. Significatif ? On verra… FOG (Giesbert) donne le coup de grâce dans Le Point. Il est dans le déni et dénonce « le système » dont il fait partie qui voudrait sauver le soldat Sarkozy. Archi_faux. Sarkozy fait des titres, comme Trump.  #Alain Juppé