"C'est pas encore fait". Devant ses "fans" s'exclamant "on a gagné", Juppé le sage remet le curseur au milieu. Son sourire traduit sa satisfaction. Mais le maire de Bordeaux a pris des coups dans sa longue carrière et il sait qu'il en prendra encore dans cette campagne. Il sera pour le moins finaliste, et il devra donc encore essuyer deux débats télévisés, notamment celui du jeudi 24 novembre, entre les deux tours. Aujourd'hui, ce qui interpelle c'est ce suicide politique de Hollande. Peur d'affronter ses adversaires, peur d'affronter les Français. L'épisode entrera dans les annales de la politique, un peu comme "l'absence" de Jospin (PS) en 2002 déjeunant tranquillement en ce dimanche de premier tour. L'homme veut être chef de l'Etat et... ne s'aperçoit pas qu'il est carrément à la rue. Mais que font les conseillers ? Ses conseillers, #François Hollande les laisse à la porte de son bureau quand il reçoit, plus de soixante fois, la doublette de journalistes du Monde : Fabrice LHomme et Gérard Davet. Six-cents soixante-deux pages dans une police de caractère et un corps très, très désagréable à lire. Depuis quarante-huit heures, les critiques vont bon train. Comment le Président a t-ll pu ? Comment ? En prenant beaucoup trop de son temps pour alimenter les "rapporteurs" d' "Un président ne devrait pas dire ça" qui ne profitera qu'aux journalistes et à Stock, l'éditeur.

S'il s'agit de sa sortie, elle est pitoyable !

Hollande dit tout, comme s'il avait oublié ce dictaphone posé sur la table. D'ailleurs, ce matin, en s'excusant pour ses propos sur la magistrature, il n'a pas essayé de mouiller les auteurs. Tout est enregistré. Au fur et à mesure que "les victimes" auront lu ce pavé, Hollande sera condamné à s'excuser. Pitoyable. Mais la date de sortie de ce bouquin n'est pas un hasard. Cela ne fait plus aucun doute, le Président libérera le Palais de l'Elysée. Il aurait pu lâcher dignement. Mais il a préféré se faire hara-kiri. Tout compte fait, ses conseillers devraient le persuader qu'il fait le bon choix. Car l'humiliation suprême serait son score face à Juppé et Le Pen. Pas de second tour pour le tenant du "trône" ! A temps perdu, dans l'avion qui le conduira par exemple à Nice demain, Hollande devrait lire...ce qu'"Un président ne devrait pas dire ça" ! Et franchement, s'il n'a pas une peur rétrospective, c'est que... la République est en danger. En arrosant de tous les côtés, il est critiqué de tous les côtés. Ses amis le lâchent. Un grand classique en politique. S'il n'a pas trouvé une autre manière de tirer sa révérence, alors il restera dans l'Histoire comme un président de seconde zone qui, un jour, s'est rendu chez sa belle en scooter.  #livre #Élections