Comme disait l’économiste Keynes à propos de l’économie : la plupart des entrepreneurs sont habités par des esprits animaux qui les obligent à prendre des risques. Cela est vrai aussi en politique et on peut appliquer cette réflexion à l’attitude que doit avoir Nicolas Sarkozy pendant le débat.

 

Nicolas Sarkozy est dans une situation inédite. Il a toujours été au centre du débat dans sa famille politique depuis une dizaine d’années, en tant que Président de la République hier et aujourd’hui en tant que Président du mouvement politique LR. Il est, par le tirage au sort, placé sur le plateau de TF1 au centre des candidats. C’est une position avantageuse qui doit justement l’obliger à beaucoup d’humilité. Il faut qu’il sache qu’il n’est pas Président de la République mais un candidat comme les autres. Il doit éviter d’humilier les autres candidats à la Primaire en les traitant comme simples Ministres dont il a été le Président. Il doit aller au-delà de sa fonction présidentielle, habiter sa fonction de candidat et faire des propositions nouvelles sur la gouvernance à venir si les Français le choisissent  la Primaire et en 2017.

 

Sarkozy ne doit pas hésiter à faire son mea culpa sur son bilan en dressant un tableau des avantages et des inconvénients de sa gouvernance de 2007 à 2012, ni plus, ni moins. Sarkozy est, selon les instituts de sondage, loin derrière Juppé. C’est une opportunité et une chance pour lui. Il lui faut rester calme et, preuves à l’appui, montrer que le deuxième mandat qu’il sollicite aux Français sera forcément meilleur que le premier. Il doit s’appuyer sur les attentes de la France aujourd’hui dans les domaines de l’identité, de la sécurité et de l’emploi. Sans hystériser le débat sur l’identité et l’insécurité, il faut qu’il soit capable, tout en s’appuyant sur le droit et l’Etat de de droit, de montrer que sa politique constitue une alternance et une alternative au pouvoir socialiste de François Hollande.

 

Le Premier Ministre Juppé est au sommet dans tous les sondages concernant la Primaire. Certains voient en Alain Juppé le futur Président en 2017. Rien n’est joué, même si les centristes et les radicaux (Lagarde et Henart) ont massivement rejoint Alain Juppé. #Nicolas Sarkozy doit faire sa campagne à Droite et vers le Centre-Droit. Même si certains électeurs de Marine Le Pen sont prêts à voter pour lui, l’ADN des Sarkozystes doit être tourné vers le Centre-Droit. Il faut que le message de Sarkozy au cours du débat soit très clair. Il reproche à Juppé de lorgner vers le Centre et la Gauche, Juppé lui répond que lui, Sarkozy, lorgne vers l’extrême Droite dont le message est de diviser et d’opposer les Français entre eux. Pour Juppé, Fillon et Copé, Sarkozy est un diviseur de la société française, les seules choses qui l’intéresse, c’est lui, l’argent et le pouvoir. La stratégie du Président Sarkozy est périlleuse, elle peut être acceptable et plausible à condition de donner de la substance et de la chair aux démonstrations qu’il va faire ce soir lors de ce premier débat.

 

Ce premier débat pour les Primaires est un marqueur essentiel car les électeurs n’ont pas encore pris leurs décisions et la plupart d’entre eux attendent ce débat avec gourmandise pour faire leur choix. Il faut éviter que des questions comme celles liées à la comptabilité de la liste électorale, de la signature de la charte et des électeurs (problèmes soulevés par Darmanin, Maire de Tourcoing et commandant en chef de la campagne de Sarkozy) polluent le comptage et les résultats finaux de la primaire. A Sarkozy de rester lui-même tout en apportant une valeur ajoutée spécifique s’il veut démentir les sondages et combler l’écart vis-à-vis de Juppé. #Les Républicains #Primaire de Droite