Il n'en fallait pas davantage pour relancer la thèse d'une classe politique globalement déconnectée des réalités du quotidien des Français... Dernier exemple en date: l'estimation de Jean-François Copé du prix d'un pain au chocolat. L'ancien président de l'UMP l'a évalué à 15 centimes d'euro, soit de 7 à 8 fois moins que les tarifs en vigueur dans les boulangeries. 

Une véritable gaffe pour le chantre de la droite décomplexée, candidat revanchard à la primaire des Républicains, qu'il n'a cependant aucune chance de remporter au vu de l'avance prise par Alain Juppé.

Très distancé dans les sondages, le député-maire de Meaux réserve l'essentiel de ses salves à Nicolas Sarkozy et tente tant bien que mal d'améliorer une image passablement écornée par l'affaire Bygmalion et celle, plus ancienne, de son interminable affrontement avec François Fillon pour la présidence de l'UMP.

Un candidat à la primaire aux abois

L'épisode du pain au chocolat ne l'aidera pas dans cette entreprise. Il en rappelle par ailleurs un autre, tout aussi controversé, lorsque "JFC" soutenait mordicus, en 2012, que dans certains quartiers des collégiens se voyaient privés la précieuse viennoiserie par des condisciples de confession musulmane en période de Ramadan.

Il faut aussi se souvenir qu'il n'y a pas si longtemps, Nathalie Kosciusko-Morizet, par ailleurs également candidate à la primaire, évaluait à... 4 euros le prix du ticket de métro parisien. Cette boulette-ci date d'avril 2012 et l'ancienne ministre de l'Ecologie a depuis eu tout loisir de mieux se renseigner, considérant qu'elle a brigué la mairie de Paris contre Anne Hidalgo il y a 2 ans.

Alors que la classe politique suscite actuellement une défiance et une circonspection sans précédent en France, comme en témoignent la dynamique frontiste et, a contrario, les scores apocalyptiques de François Hollande dans les sondages, le buzz que suscite la bourde de Jean-François Copé, candidat à la primaire qui peine à exister, s'éteindra comme tous les autres, vraisemblablement au bout de quelques jours. Gageons toutefois que le député-maire de Meaux aura du mal, à tout le moins à court terme, à échapper à l'un ou l'autre commentaire bien senti de ses adversaires à la primaire.

Ces derniers auraient pour leur part tout intérêt à étudier ou réétudier quelques "basiques", sous peine de susciter à leur tour des railleries dont ils n'ont nul besoin.  #Primaires #2017 #Présidentielles 2017