Le Figaro a tendu le micro au candidat Sarkozy, dans un entretien pour une fois en accès libre (non réservé aux abonnés), censé exposer un mirifique plan pour créer des excédents budgétaires tout en baissant les impôts (pour qui ? pour Carla Bruni ?).

Président de l’ouverture

Premier gouvernement Fillon : un ministre issu du centre, Hervé Morin, quatre personnalités de gauche dont Martin Hirsch, et trois ministres, Éric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Bernard Kouchner. Pour ce dernier, on comprit par après que la contrepartie était de reprendre l’immeuble de l’Imprimerie nationale, dénationalisée par l’ex-ministre Sarkozy, fourgué à l’entreprise qui embauchera son demi-frère, puis repris par les Affaires étrangères après défiscalisation de l’opération au Luxembourg. Sarkozy incarna aussi le président de l’ouverture en faisant nommer Jérôme Cahuzac à la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée. Que reste-t-il du Sarkozy de 2012 ? Rien, il veut « une alternance franche ! Pas une alternance molle ! ». Car à quoi conduisent « toutes les grandes coalitions, en Autriche, en Allemagne, partout ? À la montée des extrêmes ». Serait-ce pour éviter à la France d’être renversée par l’ultra-gauche après « l’insurrection qui vient » que Sarkozy fait don de sa personne au pays ?

Juppé désigné en filigrane

En fait, l’allusion aux coalitions vise Alain Juppé. Lequel appelle « les électeurs de gauche à venir voter à la primaire de la droite et du centre ». C’est pour ajouter que si un Alain Juppé ou un autre candidat « est élu par des voix de gauche », il fera « une politique de compromis et n’aura de cesse de donner des gages à la gauche ». C’est cela même. Édouard Balladur ne cessait de donner des gages à la gauche et Jacques Chirac, réélu par le RPR et le PS, somma ses Premiers ministres de briser la finance ?

Moins de fonctionnaires

Difficile de se fier à un candidat qui ne sait juguler ses dépenses de campagne (affaire Bygmalion) et qui veut réduire « la dépense publique de cent milliards » et faire baisser simultanément les impôts de 40 milliards d’euros. Dont sept pour l’impôt sur le revenu (12 avec la suppression de l'ISF). Le reste, 33 milliards, en baissant la TVA ? Non, il s’agira des droits de succession, des « revenus tirés de l’épargne » et des « plus-values immobilières ». Bref, enrichissez-vous, l’État vous renchérira. Mais la recette miracle, c’est moins de fonctionnaires. Donc davantage de missions confiées au secteur privé, aux cabinets d’études, aux écoles privées, aux officines. Ces fonctionnaires seront augmentés au mérite. Selon quels critères ? Les préfets, devenus fermiers généraux comme les trésoriers-payeurs généraux proches de l’Élysée, pourront-ils rénover des châteaux et se faire anoblir ? De quel « gel des dépenses de fonctionnement de l’État » sera-t-il question ? Des retraites des fonctionnaires ou des parlementaires ? Sur les autres affirmations, on attendra prudemment les données des cellules « Désintox » de Libération ou du Monde. Histoire de revenir sur Sarkozy et l’Alstom en 2004. Le Canard enchaîné l’a déjà fait…

Alain Juppé et la TVA

C’est vrai, Alain Juppé veut augmenter la TVA d’un point. « Un basculement préconisé par #Nicolas Sarkozy à la fin de son quinquennat », rappelle La Tribune. « Est-ce vraiment cela l’alternance ? » s’interroge le candidat Sarkozy reniant le président Nicolas. Sur le papier, les mesures préconisées semblent valides (rogner sur l’assurance-maladie, l’assurance-chômage, les retraites, l’aide sociale) ou non : la mutualisation des achats publics est déjà acquise, on ne voit pas comment elle dégagerait cinq milliards de plus. Au total, c’est du Donald Trump, plus détaillé, « mieux » chiffré. Au fait, qu'en est-il des impôts du couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni ? #Economie #Alain Juppé