Très instructive la ‘’déposition’’ filmée de #Ziad Takieddine. ‘’C’est une valise comme ça. Ça s’ouvre comme ça. Et l’argent est dedans.’’ Ziad Takieddine avait mis en relations #Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi dès 2005. Lors d’un entretien filmé avec Mediapart et l'agence Premières Lignes, il confirme qu’il a personnellement ‘’remis à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, fin 2006 et début 2007, plusieurs valises contenant de l’argent liquide préparées par le régime libyen, pour un montant total de 5 millions d’euros.’’ Plus gênant pour l’ex-président, il promet de ‘’raconter exactement les faits à la justice’’.

Deux à Guéant, une à Sarko

Claude Guéant était alors le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. Il aurait réceptionné deux valises bourrées de billets. La troisième aurait été directement livrée au futur candidat à la présidence en son appartement de fonction. On comprend mieux, si cela se vérifie, que Mouammar Kadhafi et son convoi fuyant Syrte aient fait l’objet de plusieurs passages de deux avions de la chasse française (un Mirage F1CR et un 2000N). C’était en octobre 2011 et tant l’Élysée que l’Otan s’étaient empressés d’affirmer qu’ils ignoraient tout de l’éventuelle présence de Kadhafi dans l’une des voitures. Ziad Takieddine sert la France et ses propres intérêts depuis 1993. Il était déjà impliqué dans le financement de la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Et en 2011, il confiait que les révélations sur le #Financement libyen de la campagne de 2007 lui semblaient crédibles. Pour cause… Il avait accompagné diverses fois Guéant, Sarkozy et Hortefeux à Tripoli. Claude Guéant a formellement démenti les dernières déclarations et Nicolas Sarkozy réserve sa réponse. L’intermédiaire livrait des liasses de billets de 200 et 500 euros qui provenaient de la réserve en euros de la famille au pouvoir en Libye. C’est Abdallah Senoussi, ex-chef des services secrets, qui aurait remis les valises. Ce dernier avait déjà confirmé la transaction. Un autre chef des services libyens, Moussa Koussa, avait déjà, par écrit, validé l’information. Mais pour la justice française, tout cela ne constitue qu’un faisceau de présomptions. Elle ne dispose après tout que de sept témoignages, dont celui, indirect, d’un ex-ministre du pétrole, Choukri Ghanem, noyé à Vienne. Mais dont un carnet de notes a été retrouvé. La Sarkozye comptait un autre intermédiaire, Alexandre Djouhri, que Nicolas Sarkozy a rencontré à neuf reprises jusqu’en 2010. Monsieur Alexandre a été exfiltré hors de France. Pour le moment, les magistrats instructeurs n’ont pas manifesté l’intention d’entendre Nicolas Sarkozy sur ces questions.