Débattant sur TF1 et A2, les deux finalistes des primaires de la droite et du centre ont surtout fait assaut d’amabilités et échangé des passes à fleurets très mouchetés. Au final, pour se déterminer, soit on glosait sur le bleu des costumes, le blanc lavé plus que blanc des chemises, les tons très voisins des cravates rouges. Pourquoi donc un second vote (hormis engranger quelque 8,5 millions d’euros) alors qu'un pile ou face suffirait ? Point de divergence cependant : le niveau de réduction des emplois dans la fonction publique. Il a fallu attendre le commentaire de Benoist Apparu, très, très technique, chiffrant les deux seuils de suppression de postes, pour se rendre compte que la position de François Fillon est plus idéologique qu’efficace en termes budgétaires. Alain Juppé, mesuré, amènerait en fait davantage dans les caisses de Bercy en dégraissant moins. Pour le reste, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Sauf qu’hormis la question de la Syrie, la politique étrangère a été fort peu abordée, l’environnement totalement laissé sous le boisseau (on sait quels risques Fillon veut faire prendre aux Français en matière nucléaire, pour Juppé, l’expectative domine). Enfin, il n’y a pas que Poutine en Europe, mais aussi Viktor Orban en Hongrie, un pro-russe en Bulgarie et Moldavie, des têtes nucléaires américaines en Turquie qui reviendront ou non en Roumanie ou Italie, &c., &c. Les tempes grises d’un Fillon l’emporteraient sur le crâne d’œuf d’un Juppé ? Débat digne, certes, mais qui n’a rien appris ou presque aux observateurs, sauf peut-être aux éditorialistes des magazines féminins (enfin, un peu de provoc’ gratuite et déplacée : nos consœurs ne s’intéressent pas qu’aux chiffons et fonds de teint…). Sur la forme, Fillon l’emporte de peu aux points pour la presse pipeule et celle lui étant acquise d’avance. Sur le fond, Juppé creuserait moins les inégalités en restant plus mesuré sur la couverture santé et le financement des retraites. Fillon, c’est du Denis Kessler du temps du CNPF (devenu Medef) roulant pour la finance et la bancassurance. Juppé ménage le chou (assurés sociaux, retraités) mais donne aussi sa part à la chèvre (le secteur mutualiste qui n’a plus rien de mutualiste, et privé).

Faible ‘’Riposte’’ de Fillon

Tiens donc, #François Fillon ignore tout de Riposte ‘’laïque’’ ? Tout de l’ultra-droite, du futur mouvement bleu horizon contrant le Bleu Marine, tout de qui garde un pied dans le jardin du FN et l’autre dans la rue par-dessus le muret que les taupes franchissent dans les deux sens par en-dessous ? Qu’on ne s’y trompe pas. L’islamophobie n’est qu’un prétexte pour Riposte ‘’laïque’’ et l’ultra-droite, cette droite ‘’hors les murs’’ qui rameute les moins nantis et les pousse à l’émeute à son propre profit et recherche l’onction de la finance et de l’industrie sans déjà l’afficher. Avant le débat, c’était ‘’Ali Juppé’’, après, c’est Juppé la tafiotte, la tarlouze en string ‘’ou l’ismamophile défroqué’’. Seul bémol, cet unique titre sur Fillon ‘’moindre mal, méfions-nous quand même’’. Cela donne ‘’Juppé soutient Daesh contre Poutine’’. Ailleurs, cela va plus loin. Valéry Le Douguet, ex-UDF, ex-FN, avocat de Jany et Pierrette Le Pen, copain de Louis Aliot, soutient Juppé (‘’le vote utile, c’est Juppé’’, dit-il) ? C’est bien la preuve d’une collusion du FN devenu islamo-gauchiste avec Juppé. Philippe de Villiers sur Juppé : ‘’vous savez comment on l’appelle à Bordeaux ? Le ‘bouclier de l’islam’’’. Consultez aussi @ReinformationRC (Radio Courtoisie). Les blogues confidentiels et les forums de la fachosphère confinent au délire (là, Fillon est caricaturé en… Lénine… mais Juppé, c’est l’antéchrist). Chez les plus ‘’modérés’’, Fillon, c’est le Donald Trump français, Juppé ‘’la Hillary bordelaise’’. Mais en fait, sur BVoltaire, on lira aussi ‘’François Fillon est un laquais zélé du Système, un dhimmi bon à inaugurer plus de mosquées’’. Ali (la gaie Alya) Juppé, Farid Fillon ''homophobe'' ? Bleu bonnet, bonnet bleu… #Alain Juppé #Marine Le Pen