Certains ‘’petits’’ candidats peinent vraiment à recueillir les signatures d’élus indispensables à leur présence au premier tour des présidentielles. C’est le cas du très estimable Jean Lassalle, ex-député Modem de la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques (Sauveterre-de-Béarn, Oloron, St-Jean-Pied-de-Port, Accous…). Aussi celui du vétéran Jacques Cheminade (présent en 1995 et 2012), de Solidarité et Progrès… Ou de Stéphane Guyot pour… le Parti du vote blanc. Et encore Henry de Lesquen, de Valeurs actuelles, ou le régionaliste et Breton Christian Troadec, voire d’Antoine Waechter (écologiste alsacien) ou même de Rama Yade (divers mouvements centristes). Or, comment un maire voisin de Waechter, un indépendant séduit par Lassalle, un élu copain de Stéphane Guyot, &c., refuserait-il sa #signature ? C’est infime mais aussi intime et infini ou presque car nombre de petits candidats ont le talent de convaincre… Digression totale : un journaliste partant d’un titre, pour son dernier article, demandait aux confrères quels mots rares ou insolites il devait placer ; les honoraires de la profession auront reconnu le fameux enchaînement de rectificatifs d’un chroniqueur théâtral ayant voulu vanter « l’infini talent » d’une actrice et que l’atelier piégea en rectificatifs successifs... Reprenons : comparé au nombre total de signataires, les multiples candidatures pèsent peu pour les poids lourds, mais ces mouches et coqs ou super-plumes cumulés privent les légers, welters et moyens, comme Mélenchon ou Jadot/Rivasi de réservoirs de #parrainages. ‘Tisn’t in the box.

Les Verts à 270 signatures

Que ce soit Rivasi ou Jadot, elle ou il devrait fouetter les militants pour qu’ils traquent les parrainages. EELV n’en compte que 270 à peu près sûrs et encore, cela, c’était dans la perspective d’une désignation de Duflot dès le premier tour de la primaire (résultat proclamé le 7 prochain, mais on saura plus ou moins dès ce soir). Songez qu’Arlette Laguiller crevait presque sa Mobylette bleue sous elle pour partir en personne convaincre des élus de lui accorder leur investiture. Bon courage militantes ou militants EELV (quelle que soit l’issue, les déçus mouilleront quand même leur chemise).

Mélenchon face au bouchon

Que la bouteille de Jean-Luc soit à moitié pleine ou à moitié vide importe peu. Il lui faudra faire sauter le bouchon. Il est, comme ceux des cols de champagne, composé de plusieurs couches. Il y a la couche de base : ces élus de tout bord qu’il insupporte. Il y a la couche de l’appareil du PCF (Pierre Laurent et partisans de la ligne du, selon les dires du Méluche, « tout sauf lui »). Reste la supérieure, composite, antagoniste, primordiale. Soit celle des maires de droite qui ont tout intérêt à ce qu’il relègue le candidat du PS en quatrième position au soir du premier tour ou celle du PS qui veut écarter cette perspective. Le PS veut bouchonner, madériser le rouge mélanchonniste. Soit en faire un candidat peu fréquentable dont le programme sème des illusions. Mais on peut faire confiance au candidat désigné par la primaire de la droite et du centre. Il saura convaincre des indépendants ou des « divers droite » de signer pour Mélenchon. Marine Le Pen fera de même, ou pas, dans la dernière ligne droite. Sauf que son apport sera négligeable : il est beaucoup plus difficile à un élu de dire à son électorat frontalement opposé à un candidat qu’il a voulu placer la démocratie au-dessus de ses propres convictions. Mélenchon hors-jeu ? On verra. L’hypothèse ne peut être exclue. Pour Marine Le Pen, on ne sait : tant le PS que le parti LR peuvent s’interroger. Mais lui donner l’occasion de clamer qu’un déni de démocratie la prive de ses investitures, et gonfler la détermination de ses troupes de voter FN aux législatives, ne serait pas un si bon calcul. #Élections