Les sondeurs des instituts habituels essayaient, dimanche soir d'expliquer que, finalement, ils avaient vu. En fait, ils n'ont rien vu et surtout pas l'ampleur du résultat de #Fillon. Après le Brexit, après l'élection de Trump, il faut se rendre à l'évidence, l'humain évolue plus vite que la statistique. Alors, tout est remis à zéro pour la Présidentielle 2017. La place promise à Marine Le Pen pour le deuxième tour est remise en jeu. Et, cette fois aussi, ce sont les électeurs et pas sondeurs et médias qui voteront. Et des électeurs resteront cachés jusqu'au dernier moment.

Il est toujours difficile de critiquer des sondeurs. Parce qu'ils marchent de paire avec les médias qui commentent les analyses. Remettre en cause les instituts de sondage, c'est remettre en cause le boulot des journalistes qui s'en servent allègrement. Alors, oui il est vrai que certaines officines avaient vu une remontée de Fillon. Une remontée, pas un tremblement de terre. On l'a vu en Angleterre, puis lors de l'élection du Président des Etats-Unis, les #Sondages se trompent de plus en plus. Peut-être parce que les électeurs s'amusent un peu plus qu'avant avec les sondeurs. Certains ont compris le rôle du vote caché. Faire croire à Juppé qu'il est sur un nuage, alors qu'il est sur une simple rafale de vent, pas suffisamment forte pour le mener jusqu'à la victoire. Mais les électeurs ont aussi un coup d'avance, notamment les jeunes, sur les sondeurs et les politiques, pour savoir maîtriser les réseaux sociaux. Les vieux sages sont, certes sages mais sont un peu paumés face à la puissance des Facebook, Twitter, Instagram ou autres instruments qu'ils ne maîtrisent pas. On peut par contre souligner le nombre important d'électeurs, plus de quatre millions, au cours d'une primaire qui, globalement, s'est bien déroulée.

Les médias n'ont pas senti le désamour de Sarkozy ? Bizarre !

Nous sommes sans doute à la transition entre la politique d'avant et celle d'aujourd'hui. Ne pas avoir vu les 40% de Fillon, pourquoi pas? Ne pas avoir senti que Sarkozy était persona non grata, et pas seulement chez ses adversaires, là franchement c'est de bon sens qu'il a alors manqué à beaucoup. La droite ne voulait pas de ce retour qu'un homme censé n'aurait pas tenté. Et mieux vaut ne pas avoir, une nouvelle fois, un Président qui a montré ses qualités mais aussi ses défauts. Curieusement, c'est sans doute son discours de défaite, dimanche, qui aura été le meilleur depuis bien longtemps.

Présidentielle: Le Pen, rien de joué... sauf pour les sondages !

Aujourd'hui, se pose le problème de la Présidentielle 2017. Car on ne va pas attendre les sondages pour faire de Fillon le vainqueur du deuxième tour de la #Primaire de droite et du centre. Depuis de longs mois les sondeurs, donc les médias, en sont persuadés, Marine le Pen sera au second tour. Voire, Présidente de la République. Fillon a peut-être montré que certains devraient s'acheter un brin d'humilité. La catastrophe annoncée n'est peut-être pas pour 2017. A condition de ne pas l'imposer à force d'études tout sauf scientifiques. De plus, le plébiscite de Fillon démontre que certains électeurs frontistes se sont portés sur son nom. Tout est peut-être plus ouvert qu'annoncé, la campagne n'en sera que plus passionnante si, en plus, la gauche arrivait à se trouver un candidat respectable.