Après la belle soirée de dimanche qui l'a vu remporter haut la main le scrutin de la Primaire de la Droite et du Centre, #François Fillon va rentrer dans la seconde phase de sa campagne électorale. Celle qui compte... Evidemment, la route est longue pour parvenir au poste suprême de Président de la République. Pourtant, en se faisant élire nettement comme le candidat républicain, François Fillon a envoyé un message fort à ses futurs opposants. Légitimé par des résultats éloquents, l'ancien Premier Ministre va bénéficier d'un soutien majoritaire au sein même de son parti. Au delà du coté factuel qui va permettre à Fillon de travailler sur sa candidature sans se soucier des querelles intestines à sa famille politique. Focalisé sur l'objectif 2017, il va pouvoir sereinement travailler sa communication, sa popularité et enfin son programme. Un luxe que certains candidats ne connaîtront pas forcement.

Si on s'attarde sur les solutions phares de François Fillon, plusieurs interpellent. La possible suppression de 500 000 postes de fonctionnaires dans les cinq années à venir, la refonte du système de santé et donc par conséquent de la Sécurité Sociale, la modification de l'age de retraite légal et le changement du Code du Travail afin de passer la durée légale du temps de travail à 39 heures ou davantage sont les principaux axes développés par le député de Paris pour redresser le pays. Si la comparaison avec l'austère Margaret Thatcher est vite tombée, François Fillon en a profité pour souligner qu'il serait heureux de laisser la même trace que la fameuse "Dame de Fer". Quand on se souvient de l'action globale de Thatcher, il y a de quoi prendre peur pour le futur proche de la France.

Comment parvenir à l'équilibre ?

Avec un projet de "serrage de ceinture jusqu'au dernier cran", les Français savent très bien à quoi s'attendre. Cependant, comment un homme qui a été au pouvoir durant cinq ans pourrait changer la donne ? Que va-t-il faire de plus que durant ses 5 années passées à Matignon ? Si l'argument visant à souligner que durant son passage au poste de Premier Ministre, il ne faisait qu'appliquer la politique de Nicolas Sarkozy, on peut aisément répondre que Fillon a suivi à la lettre les directives de l'ancien président sans s'y opposer. Sinon pourquoi ne pas avoir démissionné ou attiré l'attention sur des divergences profondes ? Si cela n'a pas été le cas, c'est bien parce que François Fillon validait la politique générale de Nicolas Sarkozy.

Un bilan médiocre

En cherchant à discréditer ne permanence l'action effectuée par François Hollande, François Fillon ne se démarque pas de ses concurrents. Si le fond peut se justifier aisément, la forme intrigue. Si l'on écoute l'ancien homme fort de Sablé sur Sarthe, tout ce qui a été entrepris par la Gauche est à condamner sans exception. Pourquoi pas. En revanche, expliquer que durant cinq années les solutions apportées par le duo Sarkozy-Fillon se sont révélées inefficaces en terme d'emploi, de précarité et de sécurité ne fait pas partie des prérogatives. Une honnêteté à géométrie variable avec comme seul but : obtenir la place de Président de la République. Souhaitant se mettre au dessus des polémiques politico-politiciennes durant toute la campagne, il a oublié l'épisode fâcheux de l'élection du président de l'UMP en 2012 où il s'est battu comme un chiffonnier avec Jean-François Copé pour se faire élire par tous les moyens.

Evidemment, François Fillon ne représente pas la nouvelle vague tant attendue en politique depuis près de 30 ans. Il symbolise parfaitement ce qui a été tenté depuis une trentaine d'années en matière de politique intérieure. Une sorte d'échec permanent, sans aucune garantie de résultat final. Assez pour se faire élire ? Rien n'est moins sur. Seule certitude, si les électeurs souhaitent du changement réel plutôt que des paroles choc, il faudra aller voir ailleurs. Mais les français en sont ils capables ? A première vue, on en doute. #Élections