C’est bien sûr rédigé au conditionnel. Si et seulement si Alain Juppé est devancé par #François Fillon dimanche prochain, François Bayrou se déclarera candidat le surlendemain. Pourquoi pas le lendemain, lundi 28 ? Parce qu’il imagine le résultat serré et sans doute très long à remonter (pour le premier tour, ce fut… interminable, et ‘’inter’’ semble superflu). Il ne s’agit pas ici de pomper des infos exclusives du Canard enchaîné sans les lui attribuer, mais, au passage, de féliciter ces Messieurs du volatile pour ce titre de pied de page une : ‘’Le Maire qu’on voit danser’’. Allons plutôt voir ce qu’il en est sur le site du Mouvement démocrate (en un mot). Eh bien, rien. Rien de plus que l’intégrale de l’entretien de #François Bayrou avec France Info, ce jour. Mais cela suffit. François Bayrou félicite Isabelle Juppé pour son engagement plus marqué, passons. Le chef de file du Modem relève, en d’autres termes que ceux qui suivent, le parallèle entre la démarche d’Emmanuel Macron et celle de François Fillon. Les deux sont des électrons libres qui n’ont consulté personne pour établir leur programme (ou son ébauche pour Macron). Tous deux sont des opportunistes se fiant à leur ressenti du sens du vent (‘’à la fin des années 1980, il [Fillon] était du côté de la fracture sociale’’). L’ancien ministre de l’Éducation enchaîne sur les suppressions de postes de fonctionnaires : ‘’pour tous ceux qui préparent un concours de recrutement (…) il n’y a plus de concours (…) pendant cinq ans’’. Qu’ils se rassurent, ils pourront postuler dans l’enseignement catholique, dans les sociétés de sécurité privées, devenir contractuels intérimaires prêtés à des organismes ministériels, ce qui s’est pratiqué sous Sarkozy, ce qui se poursuit aujourd’hui (les mêmes contractuels changent d’employeur privé mais restent au même poste dans l’administration, leurs patrons sur le papier se goinfrent, mais ils sont moins rétribués que des fonctionnaires). Tiens, je deviendrais bien magistrat contractuel intérimaire (et carrément vénal, mais en loucedé). Mais Bayrou dénonce un autre subterfuge : creuser le déficit budgétaire en allongeant le temps de travail des fonctionnaires. Comme si les cadres de la fonction publique ne travaillaient pas déjà gratis au-delà des 35 heures. Bref, c’est plus coûteux pour le contribuable, mais les rétrocommissions sont juteuses. Sarkozy et Buisson, main dans la main, l’avaient bien compris.

Bayrou dément Le Canard enchaîné

Comme les rédactions, François Bayrou reçoit (enfin, le Modem parisien) Le Canard enchaîné le mardi soir (comme moi-même antan, c’était mieux avant). ‘’Je n’en suis pas du tout à l’idée d’une candidature’’, assure-t-il. Bref, il laisse du temps au temps. Une quinzaine de jours ? Il considère que François Fillon et Emmanuel Macron sont peu ou prou sur la même ligne : creuser les inégalités. ‘’Je me suis battu toute ma vie pour qu’il y ait un projet social en France (…) On nous explique qu’il y a une fatalité mais également une nécessité d’accroître les inégalités.’’ Qui mieux que lui-même, à ses propres yeux au moins, est le mieux capable de l’expliciter. Il sera donc – si les banques le permettent au Modem, s’il obtient les signatures des maires UDI – candidat. Parce que, pensez-vous qu’en pleine campagne présidentielle, les chaînes vont demander ses lumières à un Noam Chomsky, aux économistes atterrés ? Et puis, c’est un historien qui voudra laisser une petite trace dans l’histoire française. Pour que ses six enfants et 21 petits enfants puissent entendre la question ‘’au fait, vous ne seriez pas de la famille de…’’. Récemment, j’ai rencontré des petits-enfants de Pierre (ou peut-être Robert) Poujade. Plutôt Pierre. Robert, lui, avait battu Félix Kir… François, laisse courir Jean Lassalle et invente un apéritif béarnais (jurançon et patxaran ou izarra ?).Ah, au fait : Le Maire. ''Je ne me rallierai à AUCUN candidat", puis ''je voterai pour @FrançoisFillon''. Électeurs de l'Eure, mettez-vous à l'heure... #Bruno Le Maire