Dommage pour Le Figaro et d’autres titres de presse qui donnaient Laurent Wauquiez, ex-partisan de Nicolas Sarkozy et récent (de nouveau) soutien de François Fillon, congédié. La question fut posée à l’intéressé et #François Fillon n’a pas confirmé que Bernard Accoyer remplacerait Éric Woerth au secrétariat général de LR ou Laurent Wauquiez à la tête du parti successeur de l’UMP. On ne saura que demain, dans la ou en fin de journée, quels postes seront réservés aux précités, ou en encore à Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Nathalie Kosciusko-Morizet, et aux partisans de Juppé, Virginie Calmels, Nathalie Kosciusko-Morizet. Outsider, l’ex-centriste compatible François Baroin, qui avait rejoint le camp de Nicolas Sarkozy pour barrer la route à un Alain Juppé qu’il estimait l’avoir humilié. Ou Hervé Morin dont le Nouveau Centre s'est rallié à François Fillon (il ne figurera pas dans les rangs LR, mais quid de son rôle dans la campagne ?).

François Fillon et Patrick Stéfanini

Le Figaro s’est hasardé à donner Patrick Stéfanini remplaçant Frédéric Péchenard et en charge de la campagne présidentielle après celle des primaires. Cela n’est nullement inenvisageable, mais demandera aussi confirmation. Quant à Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie, il reste fort probable qu’il reste du nombre des promus du remaniement. Quel sort attend Éric Woerth ou Laurent Wauquiez ? Statutairement, le vainqueur de la primaire choisit son équipe. Si François Fillon veut rameuter au centre, Wauquiez n’est guère le bon cheval. Mais il faudra aussi empêcher la déperdition des sarkozystes vers Henri Guaino qui persiste à se porter candidat contre François Fillon. Il est aussi question de Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire. Mais il n’est nulle part question de Benoist Apparu, très talentueux sur les plateaux de télévision pour défendre la candidature d’Alain Juppé. En tout cas, Wauquiez s’accroche à sa présidence par intérim. Il l’a fait savoir. Le révoquant, François Fillon ‘’s’achèterait gratuitement un opposant’’.

François Fillon soigne son image

D’un côté, François Fillon incarne la droite décomplexée que promeut Wauquiez, qui cherche à mordre sur l’électorat du Front national. D’un autre, c’est un style quelque peu guindé. Il lui faut aussi adoucir son programme résolument libéral pour s’attirer les centristes de l’UDI, une frange du Modem. L’ancien Premier ministre sait parfaitement combien les questions de susceptibilité peuvent torpiller une campagne, un projet. Mais aussi que des propos de trublions contre-productifs surgissent d’autant mieux que des personnages se sentent les coudées franches parce qu’ils détiennent un poste en vue.

François Bayrou s’interroge encore

La victoire de François Fillon aurait pu déclencher une candidature de #François Bayrou. Mais Alain Juppé n’a pas obtenu 34% (toujours 33,5 selon des résultats encore provisoires qui ne seront que de très peu éloignés des définitifs, car 10 181 bureaux ont été dépouillés, dont ceux de la Gironde et du Sud-Ouest). Mais il reste que les adhérents LR ne sont qu’environ 230 000. Et près de 4,4 millions de votants à la primaire. Le questionnement de Bayrou, c’est de savoir si François Fillon débauchera ou non dans ses rangs. Il a pour lui l’attitude de Marine Le Pen qui ne ménage pas Fillon, évoque la ‘’casse sociale’’ que sa présidence impliquerait. Contre François Bayrou joue aussi la candidature d’#Emmanuel Macron. Bref, François Bayrou doit pressentir qu’il fera au moins 5% (pour obtenir remboursement des frais de campagne) pour se lancer. Pari risqué qui lui fait pour le moment procrastiner l’annonce de sa décision.