#Henri Guaino a duré à l’Élysée autant que Nicolas Sarkozy et donc que François Fillon à Matignon. Le voici dénonçant l’absurdité de la primaire ouverte de la droite et du centre alors… qu’il avait tenté de s’y présenter. Il paraît que s’il n’avait pas obtenu un nombre suffisant d’investitures pour concourir, c’est parce que le Côté Noir de la Force, ses sbires et séides, avaient tout fait afin de l’expédier hors-piste. Des noms, des noms ! Eh bien non, le député des Yvelines, gaullien en diablotin, taira l’identité de ces cagoulards car, lui, président, rassemblera, amnistiant les collaborateurs pour utiliser toutes les Forces Vives de la Franceuh…

Ni Juppé, ni Fillon

Évincé, Henri Guaino cherche à présent les 500 promesses de signatures (qui se concrétiseront ou non ; on promet, mais ensuite, ce n’est pas au candidat qu’on remet son bulletin et il faut assumer car son identité sera rendue publique). Pour lui, Juppé ou Fillon, c’était paléo-libéral et libéral-réac. Le voilà désormais, lui, candidat, détenteur du monopole du cœur à droite (et du portefeuille à gauche ?). Car François Fillon, ce n’est pas sa droite, encore moins son centre. ‘’C’est le candidat d’une droite qui n’a aucune générosité, aucune humanité (…) c’est la vieille droite.’’ Là, il balance des noms. La vieille droite de m’sieur Thiers (Adolphe, dit Le Versaillais orléaniste, qui éradiqua les Communards parisiens), de Laval (Pierre, fils du maquignon de Châteldon, fusillé en octobre 1945 pour avoir préféré le nazisme au bolchévisme). Bref, le Laval de Je suis partout (26 Laval en France, Belgique et Québec, mais aussi l’hebdo d’Arthème Fayard employant Brasillach, Rebatet, Drieu la Rochelle…). Fillon le couteau au flanc du peuple de Laguiole, Nontron, Albiez-le-Vieux, Nogent en Haute-Marne, Fillon, le rance fromage du pain de Ribot La Fournée. Vous n’aurez pas la Sarthe et la Mayenne, et malgré vous, nous resterons Français, vous avez pu mondialiser la plaine, mais notre Livret A, vous ne l’aurez jamais. Bémol, c’est du Laval de 1935 qui préférait la déflation à la dévaluation dont il est question car Fillon, c’est la poire à lavement d’une purge ‘’comme on n’en a jamais proposé depuis la Seconde Guerre mondiale’’. Avec tickets de rationnement pour la plèbe, gras-double fourré saindoux suintant le beurre entre les couches de tabliers de sapeur du marché enfin régulé pour les nantis. Beau comme l’antique Guaino. En Donald Trump, le Ronald des Yvelines, proposant la poule au pot pour tous afin de bouter le fried chicken hors de France, se pose en seule alternative à la Marine (pas l’anglaise de Mers-el-Kébir ; celle du Rassemblement). Car Fillon (Juppé, c’était kif-kif) c’est ‘’une très bonne nouvelle pour le Front national’’. ‘’Les classes populaires et les classes moyennes ne vont pas aller pour cette droite’’ que Fillon incarne. Oui, mais la droite de Guizot (‘’enrichissez-vous par le travail, par l’épargne et la probité’’), tentée par les Le Pen, pourrait les déserter.

Guaino n’est pas Pétain

Tout comme le (non la) Maréchal, Henri Guaino fut élevé par sa mère, femme de ménage (chez les autres). C’est l’un des rares économistes passés comme #Emmanuel Macron par la finance, puis Bercy, à n’avoir pas cherché vraiment à pantoufler durablement (un peu chez Dreyfus). Peut-être lui a-t-il manqué le réseautage des promotions de l’Éna (à son actif, il fut recalé trois fois au concours). Au chaud à la Cour des comptes à présent, il veut faire don de sa personne à la France. Pas un mauvais choix, pas un mauvais bougre. Va-t-il recevoir lui aussi, comme #François Bayrou, une invitation d’Emmanuel Macron à le rejoindre ? Le suspense est insoutenable ! Notez que Guaino avait estimé que Macron rajoutait du chaos au désordre mais que sa secousse (dont il ne précisa pas la force tellurique) lui semblait nonobstant bienvenue pour brasser la chienlit. Souhaitons-lui, s’il parvient au premier tour, un résultat supérieur à celui du ‘’brave couillon’’ Marcel Barbu (1,15% en 1965).