Le Parti communiste français est beaucoup moins monolithique que par le passé. En témoignent les nombreuses scissions des dernières décennies mais aussi les consignes contradictoires données par le premier secrétaire, #Pierre Laurent, et une majorité de l’appareil du parti. Ce sur la question de rallier #Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Ce sera bien lui le candidat commun, non pas de justesse, mais pas du tout avec la majorité d’un symposium de l’ex-Urss. La base a tranché : 53,6% pour, soit contre la désignation d’un candidat issu des rangs du PCF. Exactement le pourcentage de la majorité des cadres du parti s’étant prononcés à l’inverse début novembre. Le communiqué annonçant ce ralliement donne le ton : ‘’l’unité des communistes est désormais indispensable’’. C’est dire si elle ne va guère de soi. Mais le parti reste à peu discipliné et Jean-Mélenchon obtiendra ses 500 investitures pour se présenter, et dans la plupart des régions, l’appareil se mobilisera pour lui fournir stands, banderoles, affiches, buvettes, grills pour les merguez lors des rassemblements. Restera à voir si des fonds ne resteront pas au chaud dans les fédérations, ne remontant pas place du Colonel Fabien. En fait, les communistes ménageront chèvre et chou et mèneront surtout une campagne autonome car ‘’le cadre commun’’ du Front de gauche a implosé.

Coup dur pour Arnaud Montebourg

Dommage pour Arnaud Montebourg qui tablait sur l’appui du PCF (et de ses moyens logistiques). Cela n’empêchera pas des maires ou élus communistes de s’afficher ça et là avec lui, mais leur appui restera discret. Le blogue-notes du bénéficiaire reste scotché sur un hommage à Fidel Castro et l’analyse de la progression de François Fillon devant Alain Juppé. L’astre Sarkozy a explosé, la fragmentation ‘’du domaine de Juppé’’ va profiter à Macron, Bayrou, &c. Sans doute aussi à #Sylvia Pinel, des Radicaux de gauche (PRG) dont ‘’Méluche’’ ignore pour le moment aussi l’annonce de sa candidature hors primaire de la gauche gouvernementale. ‘’Méluche’’ défrise aussi des communistes de la base, et il doit tourner un peu de craie dans l’encrier virtuel avant de saisir l’art et la manière de s’adresser à celles et ceux du PCF qu’il ébouriffe. Mélenchon sera le 29, date évoquée pour un pronunciamiento de Hollande, à Bordeaux, en terre… jupéenne, juppéiste ? Verra-t-on aussi, demain, Arnaud Montebourg dans la Sarthe, appelant les électeurs socialistes à voter contre François Fillon ?

Sylvia Pinel, la Taubira du centre ?

Sylvia Pinel, 39 ans, qui se présente sans passer par la primaire de gauche PS qui semblera moribonde si Manuel Valls la dédaignait autant que François Hollande, a justifié ainsi sa décision… ‘’Le Parti socialiste a fait le choix de préserver ses équilibres internes’’. C’est aussi peut-être le choix du PRG tenté autant par Emmanuel Macron que par Manuel Valls. On se souvient que Christiane Taubira s’était présentée sous étendard PRG en 2002. Mais Sylvia Pinel dispose, en Occitanie, d’une assise régionale beaucoup plus large que Taubira Outre-mer. Sa candidature est de nature à l’étendre, à renforcer un parti qui peut redevenir aussi fédérateur qu’aux temps du feu maire de La Rochelle, l’innovateur Michel Crépeau, qui avait lancé la carrière de Jean-Vincent Placé. Elle a l’étoffe, sera moins clivante qu’une Taubira. ‘’Elle ira loin, cette petite’’, aurait pu dire, en un tout autre contexte, le caricaturiste Siné. En revanche, pour ce qu’il reste d’une gauche éparpillée, cela semble plié, jusqu’au prochain tour de piste. The show must go on… Pour l’instant, de ce point de vue, personne n’est déçu : la société du spectacle engrange les munitions. D'autant qu'il suffira d'un faux pas de ''Méluche'' pour que le PCF change son fusil d'épaule. Et cela, Mélenchon est en fort capable... Flammarion, Plon et Fayard se frotteront les mains. N'est-ce point l'essentiel ? On verra ensuite les arguments. Et ce qu'il restera d'EELV quand Pinel et Mélenchon et d'autres mordront sur Jadot.