J’avais, à tort, estimé que le secrétaire général du #Parti communiste n’allait pas plaider un ralliement à la candidature de #Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles. Le verbatim de ses propos me donne nettement tort. Je partais du principe que, d’une part, les cadres du parti siégeant dans des mairies n’avaient pas été du tout incités à donner leur investiture à ‘’Méluche’’ (surtout quand le PS fait aussi pression sur eux et que leur majorité municipale dépend de son soutien). D’autre part, ayant pris le pouls d’un petit échantillon de la direction et de la base, je présumais que Pierre Laurent ne prendrait pas le risque d’aller à contre-courant. Ce n’est pas pour me rattraper que j’imagine que le secrétaire général joue un double-jeu. Il ne dispose en fait que d’une majorité relative mais elle s’élargit si on considère qu’élus, appareil et militants ayant quelque part un fauteuil ou une fonction dans les collectivités territoriales préfèrent conserver leurs sièges ou leur rémunération, ce qui passe par un accord avec le PS. Mais une minorité est sensible aux remontrances de la base de la base, des syndicalistes encartés, qui ne distinguent plus trop Valls de Macron et n’ont guère de sympathie pour Montebourg ou les frondeurs (à l’exception peut-être de Filoche, candidat à la primaire du PS). Ne pas trop se couper de cette base, éviter de donner à Mélanchon l’occasion de lui envoyer des volées verbales de bois vert, telle a été la préoccupation de Pierre Laurent. Mais il a déclaré son soutien à l’électron libre incontrôlable et autoproclamé lider maximo de la ‘’vraie gauche de la gauche vraie’’ avec assez d’habileté et de mollesse pour ne pas risquer une réplique trop cinglante de la Conférence nationale du parti.

Adhérents Français insoumis ?

Va-t-on vers une scission, une de plus ? Soit, après que la base se soit prononcée, des dirigeants fuyant vers le PS en tentant d’entraîner des militants (et obtenant on ne sait quoi de Solférino), d’autres rejoignant la #France insoumise de Mélenchon ou son ex-Parti de Gauche ? Ou ne s’agira-t-il que d’une baisse des adhésions, les forces centrifuges s’exerçant au niveau individuel ? La seconde hypothèse est la plus plausible et Pierre Laurent saurait s’en accommoder. Pour le moment, il n’est pas devenu inspecteur de l’Éduc’ Nat’ au tour extérieur ni membre du Conseil économique et social. Il peut encore briguer un troisième mandat. L’autre conséquence d’un effritement sans ralliement à Mélenchon serait redoutable pour ce dernier. Si la base se prononce pour lui, il recueillera des signatures de maires communistes. Sans doute pas « la totale », mais suffisamment. Si ce n’est pas le cas, on verra peut-être des maires divers droite, peu ostensibles, céder aux amicales sollicitations d’amis LR ou autres. En nombre suffisant ? La droite a tout intérêt à l’affrontement avec Mélenchon et dans la perspective des législatives, de voir reléguer le candidat PS à la quatrième place lors du premier tour des présidentielles. Mais s’il obtient ses signatures mais non un fort soutien militant de la part du PCF, l’ampleur de sa campagne sera faiblarde. Mélenchon a de maigres troupes très mal organisées ; des fervents, oui, des bus, des stands, du matos, et des gros bras pour encadrer les manifs, insuffisamment. D’accord, il s’en contrefiche, sûr que son aura, sa verve, suffiront. Pour un PS derrière Hollande, voire Valls, le soutien du PCF restera au mieux verbal. De fait, même si Pierre Laurent affirme ne pas attendre le résultat de la primaire du PS, c’est la tendance au sein du PS qui déterminera son attitude dans les semaines à venir…