Il y avait les économistes atterrés, voici les chercheurs du candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle navrés. À savoir, parmi d’autres, Pierre Laurent (PCF) et Gérard Filoche (frondeur PS, candidat à la primaire). Et peut-être un ravi, un santon (dans les sondages) élyséen, qui pourrait se déclarer en candidat libre. Car au nombre des candidats de gauche se passant de la primaire socialiste pour se présenter à l’élection présidentielle, voici #Sylvia Pinel, présidente du Parti Radical de gauche et vice-présidente de la nouvelle région Occitanie. Ce samedi, en convention nationale, la candidature autonome de Sylvia Pinel a été approuvée par 344 voix. Avec seulement 46 délégués PRG contre. Cela reléguera peut-être le candidat du Parti socialiste à la troisième (si ce n’est la quatrième) place à l’issue du premier tour en 2017, mais cela peut ouvrir cette position à François Hollande (si ce n’est à Manuel Valls) qui peut arguer que la primaire socialiste n’a guère plus de sens et qu’il peut s’en dispenser.

Primaire en coulisses

La primaire verra-t-elle aussi Montebourg se retirer ? Claude Bartelone, très peiné et même meurtri par les révélations sur son compte du livre de confidences du président de la République, fait désormais tout afin de pousser #François Hollande hors de l’arène. Il a exprimé le souhait que Manuel Valls et François Hollande s’affrontent lors du premier tour de la primaire de l’ex-gauche du PS et du PRG. Un président ne devrait pas dire cela, un Claude Bartelone, en présence de Martine Aubry, lors d’un Carrefour des gauches, non plus, surtout sans avoir attendu l’issue du vote des Radicaux de gauche. L’hypothèse semble douteuse, mais elle avantagerait Arnaud Montebourg… si la primaire de la gauche gouvernementale amputée du PRG était maintenue. Dans les jours prochains, c’est une brève primaire en coulisses et à huis-clos, entre quatre yeux, qui va se tenir à Matignon ou à l’Élysée. Tout laisse croire que l’annonce de la candidature ou du désistement de François Hollande n’attendra plus la mi-décembre. Tout (et surtout le reste) peut tout autant laisser penser le contraire. Mais l’hypothèse se renforce…

Sylvia Pinel et Jean-Michel Baylet

Ancienne ministre du Logement, Sylvia Pinel a très certainement été désignée avec le soutien de Jean-Michel Baylet, ancien président du PRG et actuel ministre de l’Aménagement du Territoire. C’est aussi et surtout un cacique régional et le Pdg du groupe de presse La Dépêche, quotidien l’encensant ou presque à chaque édition. Sylvia Pinel sera la seule femme en vue à se présenter, et elle peut compter, en Occitanie, sur de nombreux soutiens, donc celui de divers médias. Pour le moment, Jean-Michel Baylet ne semble pas démissionnaire de son ministère, et comme Alain Juppé, il jouera la carte ‘’girondine’’. Soit par exemple en approuvant, contre l’avis du Sénat, le passage d’Orléans et de Tours au statut de métropole en Centre-Val-de-Loire. C’est peut-être de l’arrosage, mais cela peut valoir des voix à Sylvia Pinel. Députée du Tarn-et-Garonne, issue d’une famille du monde agricole engagée en politique au niveau municipal, ministre jusqu’à février dernier (Artisanat puis Logement), elle dispose déjà, depuis 2002, d’une forte expérience. Plus jeune parlementaire féminine en 2007, elle a eu l’expérience de la présidentielle aux côtés de François Hollande en 2012. Régionalement, elle est aussi connue que peut l’être François Bayrou, dont la candidature est suspendue au résultat de la primaire de la droite et du centre. Elle mènera une campagne active, très résolue, et pourrait s’attirer des voix du centre et du centre-gauche. Bref, tout sauf une figurante d’arrière-plan. Comme la droite, elle pourrait choisir le bleu pour couleur de sa campagne, comme Emmanuel Macron, elle présentera l'avantage de la jeunesse et pourra passer pour hors-''système''. L'électorat étant de plus en plus volatile, voire primesautier (sans jeu de mots sur primaire), elle saura peser. #Alain Juppé