Nicolas Sarkozy a sorti le grand jeu contre les élites, contre Juppé et contre cette France qui laisse de côté la majorité silencieuse et les déclassés. Sarkozy n’apporte rien par rapport à son discours de 2007 car il s’était déjà adressé à eux et on n’a rien vu venir entre 2007 et 2012. En 2016 Sarkozy reprend ses habits de bateleur pour montrer que, sans être Trump, il va faire du Trump au moins pendant la période des Primaires, et, s’il les gagne, pendant la campagne présidentielle.

Sarkozy propose des réformes très à Droite par rapport à Juppé et au nom de la rupture avec le socialisme de Hollande et la mollesse de Juppé. Sarkozy met dans le même panier Hollande, Bayrou et Juppé car il estime que ces trois-là sont inaptes à faire de la France un pays capable de parler et d’élever la voix face à Poutine et à Trump. Sarkozy a largement insisté, comme on le fait au Paris Saint Germain, en disant « Ici c’est Paris ». Il a utilisé la même proposition pour dire que « Ici est la France » pour affirmer que la France n’admet ni la diversité, ni le communautarisme, ni les spécificités. Pour lui, et contre Juppé, la France n’est pas diverse mais unique. Il entend réaffirmer la France unique et éternelle, il préfère l’assimilation à l’intégration mais il est gêné aux entournures car il est obligé, tout en refusant la diversité, de parler de couleur de peau et de religion qui structurent les populations qui vivent en France.

Sarkozy se « trumpérise » sans le savoir car il a compris qu’après avoir soutenu Clinton et parié sur sa victoire, alors qu’elle a été lamentablement humiliée par Trump, il est obligé de se rapprocher des thèmes de Trump (délaissés, majorité silencieuse, chômeurs, français de souche, ruraux -bizarre pour un urbain qui n’a jamais aimé la campagne-) tout en montrant qu’il peut se comparer au Président américain élu. Sarkozy nous avait déjà sorti la petite musique face à l’Amérique d’Obama et Obama l’a traité avec mépris en le déconsidérant. Sarkozy en disant « Ici c’est la France » dresse un catalogue de mesures articulées autour de l’autorité, de la responsabilité, de l’exigence morale et éthique (on croit rêver) de la France dans le Monde. Sarkozy n’a dit mot dans son meeting des attaques de l’homme d’affaires libanais Takieddine qui l’accuse d’avoir reçu 5 millions d’euros de la part de l’ancien Président Kadhafi de Libye. Son avocat Herzog va porter plainte contre Takieddine pour calomnie et délation.

Sarkozy réaffirme sa volonté de gouverner la France

Sarkozy n’a pas fait le discours du tribun que l’on connait, il a été en rupture mais aussi en contradiction sur la sociologie et la population française. Il a réaffirmé sa volonté de gouverner la France et d’être Président de la République au mois de mai 2017. Enfin le débat pour la Primaire s’ouvre, mais assez paradoxalement les questions concernant le chômage, l’Europe, l’environnement sont absentes du débat politique à Droite. La lutte contre le terrorisme est une lutte essentielle mais on peut penser que, dans ce domaine, Droite et Gauche se valent. Il reste à Juppé à méditer sur la dernière sortie niçoise de Sarkozy, sur sa façon de gouverner la France. A Fillon, il lui reste à s’interroger sur la déclaration de Sarkozy au meeting de Nice sur les hommes politiques qui trahissent. On espère que le débat du jeudi soir sur Europe1/France2 permettra aux mastodontes de la Droite d’être un peu plus percutants sur les projets politiques de la France pour elle-même, dans l’Europe et dans le monde. Il ne suffit pas de dire et de déclarer que la France sera forte demain, pour qu’elle le soit réellement. #Alain Juppé #Élections #Nicolas Sarkozy