Que retenir des propos d’#Emmanuel Macron annonçant sa candidature à la présidentielle ? Peu de choses. Le candidat d’une partie du patronat, d’un centre-gauche radical socialiste, et des vieilles dames voyant en lui un gendre idéal pour leurs petites filles, a dit ce qu’il était convenu qu’il déclare. Que la France est bloquée par les corporatismes, verrouillée par les convenances, et qu’il représente le sang neuf irriguant le désir d’une évolution ‘’démocratique profonde’’. Une évolution qu’il qualifie de ‘’révolution’’. Ce sera la condition d’un redressement économique, de la construction d’une ‘’prospérité nouvelle’’. Ce qui ne donne prise à rien de bien sensationnel. Par conséquent, hormis supputer qui sa candidature favoriserait ou contrecarrerait, gloser sur l’opportunité de s’être déclaré avant la primaire de la droite, avant l’annonce du retrait ou du maintien de François Hollande dans la course, de l’entrée en lice de Manuel Valls, en préalable des éclaircissements sur la position du PCF par rapport à Mélenchon ou à un socialiste compatible issue de la primaire du PS (accessoirement aussi des Radicaux que l’ex-ministre de l’Économie veut rallier), quid ? Certes, il a fait court (20 min), choix qui ne lui laissait guère le loisir d’approfondir les quelques idées lancées précédemment sur l’assurance chômage ou l’emploi des jeunes au-delà des 35 heures très peu appliquées dans les TPE et les petites PME… Pour le moment, ni les caciques syndicaux, ni la corporation des notaires ou huissiers n’a guère de grain à moudre. La révolution ‘’#En Marche’’ ne fait guère tressaillir.

Des bombinettes

La pléthore de généraux français siégeant à grands frais à l’Otan devra attendre pour savoir si la révolution annoncée aura des répercussions sur le déroulement de leurs carrières. Pour le moment, Emmanuel Macron n’a lâché que deux bombinettes. Embaucher des jeunes et leur payer des heures supplémentaires compensées par des réductions salariales accompagnant une réduction du temps de travail des plus coûteux, si c’est bien de cela qu’il est question, n’a rien de révolutionnaire. Plus intéressante est la réforme préconisée de l’assurance chômage. Elle est généreuse puisqu’un salarié bloqué dans ses aspirations pourrait démissionner et en profiter, tout comme l’autoentrepreneur ne transformant ses prospects en clients. Mais on ne voit pas comment l’État pourrait la financer, sauf à réduire d’autres dépenses (comme les traitements des hauts fonctionnaires, des ministres et des parlementaires ou conseillers économiques et sociaux ?). Faire rentrer l’Unedic et ses déficits dans le giron de Bercy permettrait peut-être d’en diminuer les frais de fonctionnement, mais certainement pas de financer ces mesures (quid d’ailleurs des commerçants en faillite ?). Ces propositions ne sont ni chiffrées ni détaillées. On peut comprendre qu’Emmanuel Macron ne se prononce pas sur le Brexit, par exemple. Le gouvernement britannique n’a toujours pas annoncé quand et sur quelles bases il entamerait des tractations, faute de cohérence entre ses membres. J’oubliais, Macron s’est aussi exprimé sur l’éducation et la carte scolaire. Mais là encore, cela reste convenu ou flou. Au final, après cette déclaration d’intention, la question subsiste : restera-t-il candidat jusqu’au bout ? Obtiendra-t-il ses 500 signatures, aura-t-il l'appareil lui permettant de faire réellement campagne ? Bon, en attendant, il sortira et vendra son prochain et premier livre... #présidentielles