44,2%, plus de 15% d'avance sur son dauphin, une voie royale pour que #François Fillon devienne le candidat à la présidentielle, le tableau est presque complet. Cependant, personne ne l'avait vu venir il y a encore quelques jours. Logique ou trompe l'oeil ?

Soyons clair dès le départ. Les instituts de sondage ne sont pas des astrologues ou des devins. Ils s'appuient sur des chiffres, établissent des statistiques à partir desquelles ils dégagent des tendances. Ces dernières sont reprises instantanément par les médias qui les mettent directement en ligne et à disposition des électeurs. Seule part d'incertitude : la participation. Si le procédé a fonctionné pendant des décennies, il est indéniable que ce système commence sérieusement à s'essouffler. A l'image du Brexit ou de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, les enquêtes d'opinion réalisées avant le scrutin se sont révélées être l'inverse du résultat final. Quand on sait que les instituts de sondage sont aussi jugés sur le pronostic dégagé par leurs tendances, il y a fort à parier qu'un certain discrédit va leur porter atteinte.

Le tremblement de terre Fillon

Depuis de nombreux mois, l'issue de la #Primaire devait se jouer entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Tout était écrit dans ce sens. Pour le rôle de trouble-fête, Bruno Le Maire revenait avec insistance pendant que Fillon représentait davantage le quatrième homme. Sous-estimé dans son parti, peu mis en valeur devant les plateaux télé, il n'a jamais été jugé crédible dans les #Sondages. Cependant, les débats télévisés ont changé la donne. Calme, fixé sur son cap, il a parfaitement maîtrisé l'exercice et donner une image de véritable homme d'état. Si les enquêtes après ces échanges montraient une croissance dans les scores de François Fillon, il restait hors de course pour le second tour. Il aura fallu attendre le dernier sondage, celui de vendredi 18 novembre, pour voir enfin Fillon devant (30% Fillon, 29% pour le duo Juppé-Sarkozy).

L'avenir nous donnera des explications profondes sur les circonstances de ces revirements. Néanmoins, un trait commun ressort des trois derniers scrutins importants dans le monde : la volonté des citoyens de faire entendre leurs voix sans se la faire dicter par des tendances ou des chiffres connues à l'avance. Entre une réponse donnée à un sondeur par téléphone et le bulletin choisi dans l'isoloir, il peut y avoir un écart. C'est exactement la leçon que doivent méditer les instituts de sondage et par ricochet les médias dans ces résultats d'élection. Si ce n'est pas le cas, il n'y a pas de doute à avoir. Avant un scrutin, prenez les tendances et les pourcentages, inversez les, et vous obtenez l'issue de l'élection. Simple, non ?