Ce jeudi soir, les sept candidats aux Primaires de la Droite et du Centre se sont affrontés lors du second débat télévisé. Entre les piques, les reproches personnels et les allusions à peine voilées, le ton aura été engagé entre les différents participants. Si le rythme était plus ou moins soutenu que lors du premier débat, quels sont les principaux enseignements à retirer de ce show politique ? Dans deux styles radicalement différents, 2 candidats improbables ont tenté de tirer leur épingle du jeu. Avec un certain brio, Nathalie Kosciuzko-Morizet a semblé prendre confiance au fil des minutes qui défilaient. Elle a fait passer ses idées. Et elle n'a pas hésité à répondre à #Nicolas Sarkozy sur un ton amical mais ferme sur plusieurs points notamment sur la tenue du Grenelle de l'Environnement.

Du coté de Jean-François Copé, la stratégie d'attaque permanente a ses limites. Drôle par moment, il n'hésite pas à se caricaturer avec sa bourde sur le prix du pain au chocolat, et a tiré sans arrêt sur Nicolas Sarkozy. Plusieurs fois, il s'est fait corrigé, pour ne pas dire remettre à sa place, par le principal visé mais également par François Fillon. Adepte des punchlines, il n'a pas failli à sa nouvelle réputation mais la stratégie n'a pas été payante, une nouvelle fois...

Le Maire et Poisson perdants ?

Egalement challengers, Bruno Le Maire et Jean-Fréderic Poisson n'ont pas véritablement marqué de points, même si le premier apporte un coté rafraîchissant avec une vision de la politique et de la situation actuelle totalement nouvelle. La forme est intéressante cependant le fond semble à certains moments totalement en décalage avec la réalité du contexte actuel de crise. Sans être totalement le grand perdant de la soirée, il n'a pas réussi à séduire complètement les électeurs. Jean-Fréderic Poisson part de très loin. Quasi inconnu avant le débat, il a essayé dans un premier temps de se justifier sur des liens supposés avec le sulfureux Robert Ménard ou sur des voyages douteux faits à l'Etranger, puis il est revenu sur son programme et ses idées. Si le fond est largement discutable, la forme est de son coté complètement négative. Sur la défensive la majorité du temps, antipathique par moments, il est le véritable perdant de ce débat.

Davantage craint par ses principaux adversaires que les quatre premiers cités, François Fillon a marqué des points. Sa posture, sa façon de tenter de mettre le débat sur les idées et non sur le politico-politique a été une stratégie gagnante. Il a semblé en retrait des querelles intestines avec François Bayrou et les autres candidats. Sérieux ,connaissant ses dossiers, il n'a pas bougé d'un iota durant l'intégralité du débat sur les principaux sujets auxquels il a répondu. Sobre, il peut être plus que le troisième homme. La surprise ? 

Statu quo Juppé - Sarkozy pour ce second débat

Si les partisans de l'un et l'autre diront que leur poulain a été le meilleur, il y a eu très peu d'échanges directs entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Dans des styles radicalement différents, ils sont restés fidèles au tempérament qu'on leur connait. Calme et rassembleur coté Juppé. Offensif et impitoyable coté Sarkozy. Opposant deux visions différente,s mais pas contraires, de la France et des solutions à y apporter, ils ont tenu à ne pas s'écharper gratuitement. Toujours leaders dans les sondages, les deux bonhommes ont fait le boulot. Ni plus, ni moins. Si les idées et les propositions choc ont été nombreuses (retour du service militaire, suppression du collège unique, retour aux 39 heures, création de 50.000 postes dans la Police et l'Armée, déchéance de nationalité,...), peu d'entre elles sont envisageables à court ou moyen terme. Focalisés sur le graal de la nomination, les candidat(e)s ont semblé oublier que les électeurs attendent des mesures effectives mais surtout... réalistes. Avec ce que l'on a vu hier soir, il y a de quoi douter.

Le débat en vidéo

#Alain Juppé #Primaire