À moins d’une heure de résultats définitifs, le doute n’est plus permis. #Nicolas Sarkozy, désavoué dans son fief des Hauts-de-Seine, ne figurera pas au second tour des primaires de la droite et du centre. La déception est rude, elle est aussi cinglante pour un Bruno Lemaire, qui, comme le disait Emmanuel Macron de Nicolas Sarkozy, trahit qui pouvait lui assurer un avenir, se rallie au vainqueur présumé, et appelle à voter pour #François Fillon. Fillon, le renouveau ? Oui, quelque part, dans la mesure où il préconise un programme très droitier, très libéral, totalement assumé. Peut-être, s’il était élu président de la République, édulcoré. Pour expliquer le net désaveu de l’ex-président de la République, ses partisans tentent d’expliquer que le ‘’tout sauf Sarko’’ a éliminé leur mentor et que les électeurs de gauche se sont mobilisés. C’est faux. Dans ce cas, l’écart entre les suffrages se portant sur Alain Juppé et François Fillon serait beaucoup plus serré. D’une part, tant les électeurs de gauche que ceux du Front national pouvaient estimer, pour une forte part, que l’adversaire idéal pour un candidat de gauche ou Marine Le Pen, c’était Nicolas Sarkozy, aux casseroles judiciaires, au style détesté, au bilan peu convaincant. D’autre part, ces électeurs, notamment dans les grandes villes, n’allaient pas faire la queue trop longtemps pour voter : nombre d’entre eux ont renoncé. Il y a bien une droite dure néolibérale, qui s’est mobilisée, veut du sang social, des riches plus riches, des pauvres plus pauvres… Tout l’effort d’Alain Juppé, en vue du second tour, est de confronter les programmes. Il part avec un ‘’petit avantage’’ : Sarkozy s’est prononcé pour Fillon, tout simplement parce qu’il ne recherchera pas un accord avec les centristes.

Centristes, à double tranchant

On ne sait comment se positionnera un François Baroin… Dans tous les cas de figure, il ne compte plus pour grand’ chose. On ne sait comment réagiront d’autres soutiens de Nicolas Sarkozy. Rejoindre le vainqueur vraisemblable ? Oui, mais lequel ? Se taire ? En se retirant de la course, Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour Fillon, mais laisse en fait ses partisans se déterminer, en conscience ou selon leurs pronostics de mieux ou moins bien faire carrière avec l’un ou l’autre. Les centristes sont des atouts à double tranchant. Pour les uns, ils resteront toujours suspects de vouloir préserver le modèle social français dont ils ne veulent plus. Ils se mobiliseront donc pour François Fillon. Pour les autres, plus mesurés, Alain Juppé reste le seul capable non seulement de l’emporter au second tour des présidentielles, mais d’obtenir une majorité législative avec l’appui des centristes. Sauf si Fillon donnait des gages aux centristes, ces derniers se mobiliseront pour Juppé, de même que les électeurs de gauche, voire la nouvelle vague des électeurs du Front national issus de la gauche qui restent attachés à divers acquis sociaux dont ils sont nombreux à profiter. Les frondeurs de la gauche (Hamon, Montebourg, Filoche, Lienemann…), peut-être Mélenchon, ne se prononceront pas nettement, mais leurs électeurs potentiels pourraient être tentés d’influer plus largement sur le second tour des primaires de la droite. À 22:30, l’avance de Fillon stagnait, et le vote Sarkozy refluait encore (vers 20%). Les prises de position de Poisson, Copé, NKM (qui veut s’accrocher et soutient Alain Juppé), n’auront guère d’influence. Les centristes et les électeurs de gauche semblent en passe de départager, mais ce seront ceux de droite qui supputeront les chances d’Alain Juppé et de François Fillon et trancheront. Pour le moment, l'écart en faveur de François Fillon est net : près de 16 points à 22:45. #Alain Juppé