Ce que #Donald Trump est parvenu à faire croire rien qu’en le répétant à tout instant ou presque c’est que la secrétaire d’État utilisait ses relations, et sa position, en usant d’un ordinateur personnel et non de celui lui étant dévolu de par sa fonction, pour favoriser le mari, Bill Clinton, de l’actuelle candidate. Bref, via la Fondation Clinton ou autrement, elle aurait fait remplir l’escarcelle de son époux. Cela reste à établir tout comme le fondement des écrits de Rachida Dati insultant Brice Hortefeux qui faisait de même pour son propre compte en monnayant un accès privilégié à son ami de président, #Nicolas Sarkozy. #Rachida Dati est aussi délicate d’expression que Donald Trump en privé. Mais, là, il s’agit d’un SMS émis en 2013 et retrouvé au cours de l’enquête sur le financement libyen de Nicolas Sarkozy. En termes choisis – « facho, ministre naze » – Dati prend Hortefeux à partie au sujet d’une facilité d’accès aux aéroports. Détail, car le reste est gratiné. Hortefeux prenait du liquide pour faire obtenir des rendez-vous auprès de Sarkozy. Et surtout échangeait des fonds en espèces avec Ziad Takieddine, plaçait son ex-épouse à la Caisse d’Épargne par l’entremise de « Gaubert » (sans doute Thierry et non son frère Patrick), son actuelle femme au Parlement européen (sur un « emploi fictif ») et tapait et taperait encore dans les caisses de l’UMP  (devenue LR). Cela remet aussi sur le tapis l’affaire du financement libyen de l’ex-président par le biais des écoutes que le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, avait ordonné pour surveiller dame Dati. Qu’on se rassure les deux soutiens du candidat Sarkozy se font à présent des amabilités. Dame Dati a toujours eu son franc-parler et dans le livre de Patrick Buisson on la retrouve critiquant élégamment Rama Yade et "son gros cul d'Africaine".

Un affairisme très ramifié

Cette piqure de rappel survient alors qu’Alexandre Djourhi, qui avait ses entrées illimitées à l’Élysée, est suspecté d’avoir utilisé la famille saoudienne Bugshan, à la tête du Saudi Bugshan Group, pour diverses transactions très opaques impliquant aussi Dominique de Villepin et Claude Guéant. Or Alexandre Djourhi est aussi impliqué dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Et c’est Ahmed Bughshan qui a acquis, pour un montant très largement supérieur à leur valeur, des tableaux d’un petit maître que Claude Guéant avait obtenus à un peu moins de leur prix. Il y a aussi une villa à Mougins revendue plus de dix fois son prix d’acquisition… Ajoutez l’implication de Bernard Squarcini, ex-patron des renseignements, très proche de l’Élysée de Sarkozy et actuel objet d’une enquête tenace et voilà dressé un panorama peu ragoûtant à l’approche de la primaire de la droite et du centre. D’autant que l’Obs’ remonte fort loin dans le passé pour remémorer toutes les affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy a trempé, évoquer ses relations avec les Balkany, et tant d’autres mis en examen ou condamnés. Ce qui se dégage de tout cela c’est que Nicolas Sarkozy a absolument besoin de se remettre à l’abri de l’Élysée pour s’éviter des ennuis judiciaires. Mais pour le moment, personne ne balance vraiment et Rachida Dati, qui a fait machine arrière en affirmant qu’elle ne savait rien de plus que ce qu’elle lit dans la presse, continue de faire campagne pour Nicolas Sarkozy. Elle sera mardi prochain au Graud-du-Roi, en compagnie du maire de Nîmes, pour dire tout le mal qu’elle pense d’Alain Juppé (et tout le bien que lui inspire son adversaire). Et redire sans doute que si ses relations avec Brice Hortefeux étaient ''exécrables'' à l’époque, elles sont aujourd’hui ''pacifiées''. Avec de l’argent en guise d’huile ? Il semble en tout cas qu’elle n’avait pas réussi à obtenir du Qatar 400 000 euros pour monter une association – une de plus – d’amitié franco-qatari…  Imaginez un peu ce qu’un Donald Trump ferait de tout cela s’il devait affronter une Rachida Sarkozy…