Bon, pleine page du Journal du dimanche, sous le titre ‘’Je prendrai ma décision en conscience’’ et démenti immédiat (ou presque) de l’Élysée quant à la perspective d’un remaniement ministériel consécutif à la démission tonitruante de #Manuel Valls. Le Parisien faisait état d’une réunion pour décider du remplacement de Manuel Valls par Bernard Cazeneuve, ce jour, lundi. Les deux hommes (Valls, Hollande) devaient aussi déjeuner (en paix ?) ce lundi. Histoire aussi de parler d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron qui exigent de Manuel Valls une clarification. Eh bien, on attendra encore. Même pas de fuite dans la presse sur le menu, rien de neuf sur la carte des candidats nouveaux à la présidentielle.

Valls pour la primaire de gauche

Pierre dans le jardin de François Hollande, qui pourrait arguer de la candidature de Sylvia Pinel, des Radicaux de gauche (PRG), pour pointer la vanitas vanitatis d’une primaire de la gauche, Manuel Valls, dans le JDD, soutient qu’elle – la primaire – reste irréversible. Avec la participation souhaitée d’Emmanuel Macron. Bof. Pas davantage que Jean-Luc Mélenchon, Macron n’a envie de se priméta-relativiser, ni au premier, ni au second tour. Toute une page du Journal du dimanche consacrée à Manuel Valls pour dire quoi au juste ? J’y va-t’y, j’y va-t’y pas ? Du bavardage, du remplissage, du papier gâché. ‘’Le sens de l'État m’animera toujours’’, dit-il. Idem pour ma pomme, sauf que quand je me cure le nez, me rogne les ongles, me rase devant la glace en pensant que, vraiment, il faudrait que je fasse je ne sais quoi pour mes comédons, la tentation élyséenne ne me tourmente pas.

Zut, faut meubler avec Valls

Non, mais allo, allo, quoi ? Toute une page du JDD de M’sieur Lagardère pour étaler des platitudes. Et moi qui rame pour arriver à deux feuillets derrière ? J’veux ben que défriser pour susciter des commentaires, du buzz, des reprises, &c., c’est bas, c’est vil. Mais là, faut meubler, et j’peine. Chu pas rendu, chantait le Québécois Charlebois. ‘’Une kriss de chute en parachute’’ qui me fait amerrir ailleurs. #François Fillon a presque 67% – donc Alain Juppé à 33, admirez l’art de tirer à la ligne – cékoidon ? Un schmilblick, mot qui ressortira des dictionnaires. Dérivons. ‘’Va te faire voir’’ largue Dany Le Rouge (#Cohn-Bendit, appréciez la dextérité au clavier pour rallonger) à l’encontre de Jean-Luc ‘’Méluche’’ Melenchon. Ils se sont bisbillés. Ils s’invectivent (remarquez la litote l’understatement judicieux, l’euphémisme, l’exténuation). Franchement (prononcez-l’moi à la québécoise, freinchmain), oùkonvala ? Allez, François et Manuel Valls, prenez exemple sur Daniel et Jean-Luc, car on s'ennuie. Passons donc à autre chose. Camille Emmanuelle (que je salue confrasororallèlement au passage), chroniqueuse érotique, nous sort un ‘’petit orgasme du côté de la Manif pour tous’’. Merci, Camille Emmanuelle, ta chute, ‘’si tu veux de la merde, nous pouvons en faire une vraie fête’’, adressée à Fillon, me ravit. J’ai tout compris. C’est la fin du politiquement correct. Place au scato qui rapporte plus et relève vraiment le débat, faute de règlement de comptes au corral de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Je trouve que Camille, auteure de Paris-couche-toi-là, devrait intervenir plus souvent dans l'arène politique. Sa vision de Fillon est quand même plus rigolote que celle d'Henri Guaino. Tout ce verbiage pour vous dire que Manuel Valls s'est refusé à toute déclaration à la sortie de l'Élysée, c'est du télévisuel en prose : Juppé sort de chez lui, Juppé arrive à la Haute Autorité, Fillon sort, Fillon arrive... On ne sait rien, mais on occupe l'antenne quand même. Résultat, 4,36M×2 euros, 66,5% pour Fillon, 33,5 pour Juppé et davantage de blancs et nuls qu'au premier tour (près de 13 000, sans doute des sarkozystes pour Guaino en grande partie). Valls ne disant rien, allons voir si Michelle Alliot-Marie sort de chez elle, fait un pas de plus vers une candidature ou un de côté vers Fillon. Suspense insoutenable.