Alors que Manuel Valls se lance dans la course à la primaire dont l’issue ne semble pas lui être favorable (n’oublions pas que l’aile gauche du parti n’en veut pas et que les fervents Hollandais lui reprochent d’avoir forcé le renoncement du président – ce qui n’est pas forcément sa plus mauvaise décision). Bernard Cazeneuve lui succède et accumule une quatrième fonction ministérielle depuis le début du quinquennat d'Hollande.

Cazeneuve, l'homme à tout faire

Bernard Cazeneuve s’est introduit dans le cercle de #François Hollande – bien que 'Fabusien' d’origine – en 2012 pour devenir porte parole de sa campagne présidentielle.

Publicité
Publicité

Connu pour sa discrétion dont il tire désormais une de ses plus grandes qualités, il devient ministre délégué aux Affaires Européennes avec l’immense objectif de faire passer l’adoption du traité de stabilité européen. L’entourloupe est réussie – en suscitant, il est vrai, les premières réactions d’une partie de la gauche qui étaient ceux que l’on connait de nos jours comme les frondeurs – pour un homme qui avait pourtant voté « non » au référendum de 2005.

Cazeneuve remplace par la suite Cahuzac au ministère du Budget, pour un poste dangereux dont le spectre de la malhonnêteté politicienne planait, héritage traumatique qu’a laissé son prédécesseur. Mais l’ascension médiatique commence réellement pour Cazeneuve lorsqu’il est nommé au ministère de l’intérieur en 2014. Charlie Hebdo, le 13 novembre, la crise des migrants, le 14 juillet à Nice : Cazeneuve est partout mais Bernard n’a jamais un mot plus haut que l’autre.

Publicité

Une nomination symbolique

En imposant à la tête du #Gouvernement un de ses proches (le chef de l'Etat a fêté son anniversaire le jour du mariage de Bernard Cazeneuve - un peu d'actualité people ne fait parfois pas de mal), François Hollande marque ainsi cette décision du fer de sa seule volonté et ne semble pas disposer à former un gouvernement qui pourrait aider Manuel Valls dans sa conquête de la primaire socialiste ou d'une posture présidentiable, alors que la fin du mandant ne devrait pas être secouée d'événements majeurs, du moins pour ce qui concerne l'adoption de textes législatifs. Alors que la décision de quitter le ministère de l'intérieur pourrait enchaîner quelques vives réactions dans un contexte de tensions où le risque d'attentat n'a pas diminué, la possibilité de cumuler exceptionnellement les deux fonctions aurait été évoquée.

Hollande ferait comprendre à Valls qu'il devra faire cavalier seul et se passer de son appui. #Politique