Il ne serait pas sérieux – par les temps qui courent – d’écrire un article #Politique qui non seulement émettrait une de ces prédictions pour lesquelles personne ne voit désormais plus d’intérêt, et qui, de manière encore moins raisonnable fonderait cette même prédiction sur… un sondage. Malgré ce réflexe primaire de méfiance actuel selon lequel tout ce qui ressemble de près ou de loin à une enquête d’opinion présente à vos yeux une importance aussi déterminante que le futur score de Cheminade, je ne peux m’empêcher de vous faire part de ce pressentiment qui m’habite depuis quelques jours suite à un sondage récemment publié : et si Macron parvenait à passer au deuxième tour ?

Les premiers sondages encourageants

Selon un sondage réalisé les 28 et 29 novembre par une structure dénommée Elabe, Macron serait crédité d’un score se situant entre 14 et 17% des intentions de vote au 1er tour, pour venir attraper la dernière place du podium devant celui qui « n’a que mépris et dégout » pour lui (Jean Luc Mélenchon), ratant le coche du 2ème tour derrière Marine Le Pen et François Fillon.

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François Fillon justement, est le candidat de droite idéal que Macron voulait affronter. Fillon est à juste titre étiqueté de conservateur, d’ultra libéral thatchérien, voulant en finir avec le modèle social français et désirant remettre au devant de la scène certaines valeurs dont la revendication dirige la société française vers des temps anciens que beaucoup de français semblent rejeter (culte de la famille, ambigüité sur l’avortement ou encore catholicisme). Dès lors, il laisse par là même une énorme masse d’électeurs progressistes modérés, laïcs, libéraux étatistes à la Chirac, Juppé, ou Valls, n’osant pas franchir le pas vers la recette choc des années 70-80 que propose Fillon, et qui doutent par ailleurs de la capacité du parti Socialiste à réussir ce qu’il n’a pas fait durant cinq années de gouvernement.

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D’autre part, le Front National ne semble pas en mesure de remporter le second tour de la présidentielle même si sa présence n’y fait guère plus de doutes.

Un électorat qui ne va qu'augmenter

Cette manne d’électeurs n’a, je le pense, pas encore pris le temps de s’exprimer entièrement dans les sondages comme un corps électoral entier : Macron n’a déclaré sa candidature que le 16 novembre, soit à peine 10 jours avant la réalisation de cette enquête. De nombreux électeurs sont encore indécis et pourraient trouver chez le benjamin de la présidentielle l’espoir d’un renouveau tout autre que celui que porté Marine Le Pen. Macron veut se distinguer du socialisme que les français n’ont jamais vraiment adopté sans s’approcher de l’ultra libéralisme dont l’histoire a naturellement montré les dérives. Macron, du haut de ses 38 ans peut alors s’affirmer à la fois comme le représentant d’une politique jeune, nouvelle, fédérant les électeurs de tous bords, souhaitant une mise à jour de notre société sans pour autant détruire ce qui fait son histoire et sa particularité, et comme celui qui déclame le ras-le-bol de ces politiciens de profession si vieux qu’ils n’arrivent plus à comprendre ce monde nouveau (alors que lui, promu de l’ENA et banquier d’affaires chez Rothschild peut légitimement se présenter comme l’homme qui dénonce le système).

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Macron : l'homme de l'espoir et du renouveau

#Emmanuel Macron qui, ne le nions pas, dispose d’une certaine verve dans le débat politique et d’une habileté désarmante pour imposer son image dans les médias, s’appuiera sur celles-ci afin d’incarner ce renouveau et cette ouverture d’une gauche pragmatique tournée vers le monde de l’entreprise ; de bouleverser l’offre politique et d’y implanter la sienne qu’il posera sous le signe de l’espoir. Il s’agira d’un défi crucial pour lui, et tout porte à croire qu’il y arrivera : son tempérament, son ambition, mais surtout une soif de pouvoir énorme pour un homme qui a fait ses premiers pas en politique il y a à peine cinq ans. #Élections