Depuis quelques semaines, on assiste à un bouleversement profond de la classe politique, inédit pour un laps de temps si réduit. Jeudi 1er décembre, l'annonce du Président de la République, #François Hollande, précisant qu'il ne se représentait pas aux prochaines élections présidentielles, a surpris. C'est en effet rarissime qu'un président en exercice ne se présente pas pour un nouveau mandat. François Hollande, face à son impopularité, a été contraint de prendre sa décision. La pression de son premier ministre a probablement joué, #Manuel Valls déclarant la semaine dernière au JDD dimanche :"Chacun doit mener ses réflexions en responsabilités.

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Je prendrai ma décision en conscience." Valls est un candidat promis à un parcours difficile.

Rassuré par l'abandon du président, Manuel Valls peut à présent poser sa propre candidature aux primaires de la gauche. L'annonce se fera ce lundi 5 décembre à 18H30, de son fief électoral d'Evry. Pas de suspense et un communiqué envoyé aux rédactions tôt le matin, lui permettant d'occuper la scène médiatique toute la journée. Sa démission du gouvernement devrait être annoncé rapidement, provoquant un remaniement du gouvernement et l'annonce d'un nouveau premier ministre, probablement un proche de François Hollande. C'est la fin du couple de l'exécutif, deux personnalités très différentes mais complémentaires. Pourtant leurs relations se sont dégradées, notamment après la publication du livre de confidences "Un président ne devrait pas dire ça..." Dans un article de Libération, est révélée une phrase assassine de Valls à propos du président, prononcée en off : "Je ne le respecte pas et je ne le supporte plus."

Manuel Valls va devoir enchaîner sur sa campagne aux primaires de la gauche, confronté à plusieurs candidats dont Arnaud Montebourg.

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Sa situation se révèle compliquée, puisqu'il doit rassembler la gauche pour l'emporter face à son concurrent principal. Il s'est fait de nombreux ennemis, en raison de décisions controversées dans son propre camp, concernant sa politique économique ou ses opinions sur la laïcité et la sécurité. Les débats sur la loi du travail ou la déchéance de la nationalité ont clivé la gauche, entre les frondeurs, les partisans du retour aux valeurs traditionnelles de la gauche et ceux qui adoptent une ligne plus libérale. Pour battre Arnaud Montebourg, il va devoir placer le curseur à gauche et convaincre le parti socialiste, sans renier sa ligne politique.

L'objectif des présidentielles

Si Valls remporte les primaires et concourt pour les présidentielles, il pourrait tenter de rallier des centristes ou des électeurs de la droite. Emmanuel Macron, qui fait l'impasse sur les primaires, se présente en rival, comme candidat progressiste de la gauche. Valls aura plus de mal à convaincre les afficionados de Jean-Luc Mélenchon, qui se place à gauche de la gauche ! Avec ce morcellement de la gauche, il sera difficile pour un candidat de rassembler assez d'électeurs, pour être sélectionné pour le deuxième tour des présidentielles. La forte participation aux primaires de la droite, remportée par François Fillon, semble démontrer que les Français souhaitent l'alternance. Le bilan du mandat de François Hollande est très critiqué, ce qui désavantage Manuel Valls.

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Pourtant les surprises se sont succédé ces dernières semaines avec le succès de Fillon aux primaires de la droite et la retraite imposée de Sarkozy et Hollande. De nouveaux rebondissement peuvent intervenir et un bon communicant comme Valls pourrait tirer son épingle du jeu, même s'il vise probablement les élections présidentielles de 2022.

Le résultat des prochaines présidentielles reste incertain, avec un François Fillon très à droite, une gauche morcelée et une Marine Le Pen au plus haut dans les sondages. Mais face aux pronostics peu fiables dernièrement des enquêtes d'opinions, tout peut arriver ! #Élections