Primaire ? A chacun son pain blanc. Même si, du côté de la gauche, on n’a pas vu une véritable blancheur depuis pas mal de temps. La droite, elle, a fait l’unanimité pour l’organisation de sa primaire associant aussi le centre, et les deux finalistes furent des compétiteurs valeureux et, globalement, honnêtes. Pendant que le parti socialiste perd pied. Le chef de l’Etat prend un malin plaisir à faire tourner en bourriques des politiques prêts à y aller. Ou à renoncer, mais à condition de parvenir à lire le mode d'emploi du patron. Les Français, eux, ne comprennent pas que Hollande puisse encore se poser la question. Avec 7% d’opinion favorable, le quidam se cacherait dans un trou de souris. En #Politique, non. Soif du pouvoir, mégalomanie, sentiment de puissance... Aujourd’hui, ses conseillers lui ont expliqué qu’il ne sera pas l’homme de sa propre succession. Quelque part, il ne peut l’ignorer. Mais il ne parvient pas à l’intégrer. Pourtant, rien ne semble pouvoir le sauver. Sans doute même pas des attentats, bien gérés en début d'année prochaine. On en est là, dans les officines ministérielles. Rien n'est laissé au hasard. Même des drames bienvenus ! Le mal est profond, la courbe du chômage est bien loin d’être assez inversée. En fait, ce que Hollande doit choisir, aujourd’hui, c’est sa façon d’être battu. Et le degré d’humiliation qu’il pourra supporter en 2017. Sans doute bien avant. Qu’il ait demandé à Valls de ne pas bouger est une chose. Mais alors Hollande devra annoncer, sans doute autour du 10 décembre 2016, ou avant, qu’il part à l’assaut d’un deuxième mandat… perdu d’avance. Partir sans passer par la primaire ? Ce serait un affront à la démocratie, un affront au peuple de gauche et, comme l’expliquait ce jour Arnaud Montebourg, la fin du Parti socialiste. Partir dans la primaire ? C’est se confronter à une dizaine de candidats, prendre le risque de se faire battre piteusement. On l'imagine dans un débat avec les Poisson ou Copé de gauche. A gauche, ou beaucoup ne veulent plus de ce président. Les électeurs de droite ne manqueront pas de venir voter à la primaire afin d’éliminer Hollande. Et puis quelle sera la valeur de cette primaire ? Le vainqueur devra encore affronter les Macron, Mélenchon et sans doute d’autres qui s’affranchiront de ces deux tours de scrutin.

Hollande devrait partager les 30% d'électeurs de gauche

Et avec un delta d’environ 30 points pour la gauche dans ce pays, chacun ramassera suffisamment de miettes pour laisser la droite, et donc François Fillon disputer la victoire finale au Front national. Il faut également imaginer #François Hollande, encore Président de la République faire campagne pour la primaire. Laisser les manettes à qui ? Pour tenir des meetings en Province ? S'il est battu à cette primaire, il sera libéré en janvier et pourra dérouler, la tête basse, jusqu'en mai. Mais, s'il remportait cette même primaire, après avoir reçu au pied du sapin le jouet magique, comment pourrait-il mener de front l'investiture de la France de gauche et ses fonctions présidentielles ?

Hollande: Les journalistes du Monde n'auraient jamais du entendre cela

Il reste encore quelques uns de ses amis pour le pousser à y aller, par la primaire ou directement. Pour eux il ne s'agit pas de le faire gagner, mais de le faire perdre les armes à la main, pas en abdiquant. Sinon, l'histoire retiendra ce Président de la Vème République ne se représentant pas alors qu'il le peut. Et peut-être surtout ce chef d'Etat ayant orchestré son suicide politique à travers un pavé de plus de 500 pages avec une naïveté extraordinaire. Des entretiens réguliers avec deux journalistes du Monde qui n'en attendaient pas tant. Si François Hollande comptait sur ce livre pour sa réélection, c'est râpé. François Hollande rejoindra sans doute alors Nicolas Sarkozy. Pas à Pole emploi. L'un et l'autre trouveront de quoi s'occuper. Et se verront offrir une bien belle fonction au Conseil constitutionnel ou autre. #Élections