Benoît #Hamon a lancé mercredi 30 novembre un avertissement inquiet à #François Hollande, au moment où la gauche se retrouve dans un état critique. Il craint, en effet, à cause de certaines rumeurs, que le Président, s'il se présente à un second mandat, décide de ne pas passer par la primaire de la gauche. Or, pour lui, ce serait "l'ultime reniement du quinquennat". En effet, Benoît Hamon a pu constater que les proches du chef de l'Etat, favorables à ce qu'il se représente à sa propre succession, l'incitaient de plus en plus à profiter de son statut de Président pour passer outre la primaire organisée par la gauche. Fort de propositions chocs dans le cadre de sa campagne, Benoît Hamon verrait d'un mauvais oeil de se faire damer le pion par monsieur Hollande.

Un appel à la dignité et à l'unité

Une telle décision serait un mauvais geste de plus, selon lui, à l'égard des Français. Il rappelle donc les conséquences probables d'une telle initiative. Ce serait, déjà, anéantir le processus de rassemblement que sont les primaires. De ce fait, ce serait en même temps un ultime coup porté à l'espoir de voir la gauche représentée au second tour de la présidentielle. Il évoque ainsi les primaires de la droite, qui ont été un véritable succès démocratique, avec une mobilisation record - plus de 4 millions de votants à chacun des deux tours. Elles ont permis de sceller l'unité à droite, et menacent ainsi davantage la gauche fragilisée. En revanche, rejeter la primaire, ce ne serait rien d'autre que "museler le peuple de gauche" en toute connaissance de cause. Au Parti Socialiste, tous s'étaient mis d'accord, il y a quelques mois, y compris les proches du #Président de la République, pour respecter la primaire. Ce n'est pas l'heure de renier ses engagements. Le "passage en force" de François Hollande serait, autrement, une signature de ce quinquennat marqué par l'impopularité et le passage en force de deux lois à l'Assemblée, à l'aide de l'article 49.3. Le message envoyé aux électeurs serait maladroit. En outre, Benoît Hamon affirme que la gauche peut être sauvée si celle du gouvernement accepte de faire un bilan de ce quinquennat, en reconnaissant les erreurs et les maladresses. Comme à droite, il doit y avoir débat à gauche. Le candidat frondeur termine son tract par un appel solennel au Président de la République de clarifier ses intentions. De toute façon, le temps presse, car, au Parti Socialiste, les candidatures à la primaire ne seront acceptées que jusqu'au 15 décembre. Bref, les Français auront sous peu la réponse à la question qu'ils se posent depuis des mois : le Président de la République se représentera-t-il en 2017 ? Si oui, acceptera-t-il de passer par la primaire ?