Valls a cédé son costume de premier Ministre au Valls candidat à la primaire de la belle alliance populaire. Reconnu pour son autorité et sa volonté de réformer le PS et l’Etat, Valls a choisi de se renier au cours de la primaire pour faire la place à un Valls compassionnel vis-à-vis des militants PS. Mélenchon refuse de participer à la belle alliance, ainsi que Macron qui refuse l’encartement PS malgré les suppliques de Cambadélis.

A front renversé, Fillon vient de montrer qu’il y a deux temps : celui de la primaire et de la séduction et celui de la campagne présidentielle. En tenant compte de ce deuxième temps, il va modifier son texte sur l’Assurance maladie.

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Valls vient de faire siennes les déclarations concernant sa volonté de ne plus utiliser l’article 49.3 (qu’il aura utilisé 6 fois pendant sa primature) sauf pour des questions budgétaires. Il trouve dans les heures supplémentaires et défiscalisées de Sarkozy une réforme exceptionnelle pour le pouvoir d’achat des salariés. Enfin la Gauche qui reconnait quelques mérites à la Droite. Vive le modèle allemand transposé en France. On attend qu’il soit précis sur la notion de revenu décent qu’il veut proposer aux Français alors que Hamon est pour le revenu universel, Macron pour un report des cotisations maladie et chômage sur la CSG et Fillon pour un pouvoir d’achat grâce à l’emploi.

Valls doit montrer qu’il comptable du bilan de François Hollande tout en prenant ses distances vis-à-vis du Président.

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Certains qualifient cet écart de reniement. On estime qu’il a abandonné en cours de route ce qui fait sa marque de fabrique : l’autorité, la modernité et sa théorie des deux Gauches irréconciliables. Certains estiment que Valls est un opportuniste qui n’attend qu’une chose : avoir le suffrage des militants PS dont il pense qu’ils vont jouer utile. Pour Valls le choix entre lui et les autres (Montebourg, Peillon, Hamont, Pinel, etc.) est déjà fait car lui connait le job et que les autres attendent le débat télévisé afin de préparer le congrès du PS.

Tous les impétrants de la belle alliance ont intégré peu ou prou la défaite face à Fillon à l’élection présidentielle de mai 2017. Pour Valls rien n’est écrit dit-il. Mieux vaut se renier maintenant, quitte à rassembler son camp pour ne pas perdre la petite possibilité qui reste de battre Fillon. L’Etat-Nation français dans son ensemble est sociologiquement marqué à Droite sur les valeurs (identité, religion, citoyenneté, laïcité plus ou moins radicale).

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On peut se demander si cet Etat-Nation souhaite encore donner une chance à la Gauche qui après un quinquennat imprécis, chaotique, hasardeux, sans point de repère et sans vision à long terme, a vu son commandant en chef Hollande descendre de façon précipitée du navire France qui se dirige vers les récifs d’une idéologie socialiste dure comme la pierre.

Valls, après s’être renié, saura-t-il changer la trajectoire du navire France et faire en sorte que le reniement se traduise par un revirement heureux pour le navire France et pour les Français. La balle est dans le camp de Valls. Il lui faudra de l’astuce, de la méthode, un programme et une stratégie contre les vents violents soulevés par ses concurrents à la primaire et surtout par Fillon à la présidentielle de 2017. #Parti socialiste #Élections #Manuel Valls