Les socialistes s’engagent dans une bataille sans « faim », Manuel Valls se présentera-t-il à la primaire de la gauche ? La présidentielle, dans cinq mois environ, ressemblerait plutôt à une belle pièce théâtrale. François Hollande renonce à un nouveau mandat, dans une déclaration qui a surpris plus d’un depuis le palais de l’Elysée jeudi dernier. Il a reconnu qu’il était évidemment « conscient des risques que ferait courir – sa candidature - qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. ». A l’abri des médias, on affirme que François Hollande, chef de l’Etat depuis 2012, a essayé de faire abstraction d’une primaire qui ne pourrait éventuellement que l’humilier.

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Cette décision avait mis brutalement en colère Arnaud Montebourg, premier candidat socialiste ayant mis en place ses parrainages au siège du parti. Hollande choisit sa dignité et déclare forfait.

Les partisans du chef de l’Etat étaient "choqués" quant à sa décision et l’ont qualifié pour ainsi dire de « courageuse ». Elle serait spéciale du fait que, dans l’Histoire de la cinquième République, aucun chef d’Etat n'a renoncé à se présenter sa propre succession. François Hollande a eu un bilan négatif, ce qui justifie ce retrait volontaire et souhaitable par les Français. Il avait fait avancer certaines choses mais « les résultats ont été tardifs » déclare-t-il au palais de l’Elysée. Néanmoins, cela n’éclaire pas tout. Nicolas Sarkozy, lui aussi, a tenté sa chance pour la présidentielle, même si le bilan de son mandat a laissé beaucoup de confusions, et ce, entre 2007 et 2012.

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Il se présente aux primaires de la droite alors qu’il a un passé assez taché, et des affaires encore "louches" se rapportant au financement de sa campagne électorale en 2007. La victoire incontestataire revient à l'ex premier ministre François Fillon qui, lui, s’est contenté de dire que Hollande a admis avec lucidité son échec.

Du coté du Front National, Florian Fillipot, allié parmi d’autres de Marine Le Pen, a qualifié ce retrait d’« inévitable ». Il a aussi évoqué la coïncidence entre la défaite de Hollande et celle de Sarkozy et de Alain Juppé (lors de la primaire de la droite). Il a commenté en disant : « Ca en dit long sur la décrépitude de la vie #Politique française. On a eu Sarkozy, Juppé et Hollande en deux semaines. C’est une bonne nouvelle, mais il faut que ça continue. Si #Manuel Valls se présente, ce sera le même bilan et le même échec. Il n’y a strictement aucune différence »

Manuel Valls, sera-t-il candidat à la primaire de la gauche ?

Manuel Valls, n’ayant pas encore annoncé sa candidature, avait néanmoins mentionné son souhait de prendre place à la présidentielle.

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Cette perspective aurait peut-être eu une influence sur la décision de Hollande qui ne voulait en aucun cas se retrouver face à celui qui a pris très à coeur la politique de François Hollande. Nombreux sont les socialistes, surtout les amis politiques du président, penseraient que Manuel Valls est un traitre. Acerbe, pour Alexis Corbière, le porte-parole du candidat de parti de gauche, Mélenchon, juge le premier ministre comme étant « celui qui a planté le dernier clou dans le cercueil de François Hollande ». Valls sera rejeté de la même manière que François Hollande. Et compte tenu du nombre croissant de candidats, il pense que la primaire de gauche aura l’air d’un congrès. Evitant de voir la discorde de la gauche, le logeur du palais de l’Elysée, François Hollande a choisi de s’écarter de la scène politique.