La campagne présidentielle de #François Fillon est toujours semée d'embûches, et selon certains observateurs, il se pourrait qu'il retire sa candidature, comme il l'avait promis en cas de mise en examen. L'affaire des emplois fictifs occupés par son épouse Penelope lui vaut une convocation devant les juges d'instruction le 15 Mars, à deux jours seulement de la date limite de dépôt des parrainages d'élus nécessaires à sa qualification pour le premier tour.

Hier 1er Mars, au cours d'une conférence de presse donnée à son QG de campagne, François Fillon l'a dit : "Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas (...) J'irai jusqu'au bout". Il voit dans cette procédure judiciaire une manoeuvre politique, un complot organisé pour ne pas qu'il puisse faire partie des prétendants au titre suprême le 23 Avril : "Depuis l'origine, je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres", estime-t-il, parlant même "d'assassinat politique" et de "violation de l'Etat de droit".

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Un délai de convocation trop court ?

François Fillon déplore également le délai très court de sa convocation "en vue d'une mise en examen", soit 4 jours après que les juges aient été nommés. Mais selon le think tank Le Club des Juristes, contacté par France Info, la rapidité de la procédure peut s'expliquer si les juges n'ont pas eu besoin d'éléments d'enquête supplémentaires. La "spécificité de la situation" - la mise en examen possible d'un candidat à l'élection présidentielle dont le résultat final sera connu dans deux mois - peut également justifier une convocation rapide de François Fillon devant la #Justice. Par ailleurs, le Parquet National Financier a pu boucler l'enquête rapidement, avant de passer le relais aux juges afin d'éviter tout délai de prescription.

François Fillon s'interroge par ailleurs sur le choix de la date de sa convocation, le 15 Mars, soit deux jours avant la date limite d'envoi des parrainages d'élus pour l'élection présidentielle.

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Le Club des Juristes estime que cela correspond au délai habituel dans ce type d'affaires, qui doit être d'un minimum de 10 jours entre la notification de la convocation, envoyée au candidat des Républicains le 1er Mars, et sa venue effective dans le bureau du juge.

Par ailleurs, François Fillon dénonce une "présomption d'innocence" bafouée et certaines irrégularités dans la procédure judiciaire, mais il oublie que sans mise en examen officielle, il ne possède aucun statut, mis à part celui de simple suspect.

Des défections à la pelle

Parallèlement, beaucoup pensaient que François Fillon prendrait la parole pour retirer sa candidature, mais le candidat des Républicains a préféré garder la tête haute et tenir le cap. Conséquence : de nombreux soutiens à droite et au centre lui tournent aujourd'hui le dos, comme l'ancien candidat à la primaire Bruno Le Maire et de nombreux députés centristes ou issus des Républicains. L'UDI (Union des Démocrates et Indépendants), regroupement de partis situés au centre droit, a décidé de "suspendre sa participation à la campagne présidentielle".

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Son fondateur, Jean-Louis Borloo, échangerait même régulièrement avec Emmanuel Macron, selon L'Express.

Plus que deux semaines à attendre avant de savoir si François Fillon sera mis en examen. Même si il est le seul candidat à avoir recueilli les 500 parrainages d'élus pour le moment, il se pourrait que tous ses efforts soient bientôt réduits à néant. #Élections