Parlons donc de son parcours. Après quelques stages d'étudiants lors de vacances universitaires, et un baccalauréat obtenu de justesse, il devient assistant parlementaire à 22 ans. Puis, ayant fait ses trois mois de classes dans l'aviation, au Bourget, il redevient pékin (conscrit détaché en civil) au ministère des Transports. Élu départemental, maire de Sablé, &c., le pays lui doit d'avoir détourné la liaison TGV Paris-Angers sur sa commune (12 000 h) aux dépens de La Flèche (et de son prytanée militaire), puis en 2007, de faire régler au contribuable une desserte directe de Sablé au coût d'un million d'euros le kilomètre. Bref, une épouvantable gabegie ferroviaire et des arrêts peu fréquentés en gare de Sablé. Ce qui ne l'empêchait pas d'emprunter (au sens propre, l'appareil n'étant pas rattaché à Matignon) un Falcon pour faire la navette.

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En tant que parlementaire, on lui reconnaîtra de s'être fait un nom à la commission de la Défense en mobilisant ses assistants parlementaires et ceux d'autres. Actuel député de Paris, il est quasi absent de sa circonscription. Ce fut le Premier ministre le plus emprunteur de toute la Ve République, faisant supporter rémunération de collaborateurs et frais divers par d'autres ministères. Bref, 41 ans à vivre aux crochets du contribuable pour un bilan dispendieux et de fort peu d'intérêt.

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Ministre "asocial"

L'ex-secrétaire d'État aux personnes handicapées, Marie-Anne Montchamp, vient de rejoindre Emmanuel Macron. Parce que de Fillon, et de son parcours, elle a soupé. "Fillon ne comprend pas les sujets de solidarité sociale", résume-t-elle. Elle l'évitait en allant à l'Élysée car "sur les questions sociales [elle] avait de bien meilleurs arbitrages avec Nicolas Sarkozy". Le parcours Fillon se distingue par un enrichissement personnel indéniable, un appauvrissement de la Nation l'étant tout autant, et des rôles de potiche habile à écarter la concurrence de plus travailleurs et talentueux.

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Marie-Anne Montchamp, parce que gaulliste, avait été écartée de la campagne de Fillon qui ne voulait rien entendre de ses propositions ou thèmes sociaux. Fermez le ban. 41 ans (et non 36, comme il le soutient en dépit des évidences) de parasitage. Rouvrons celui de Penelope Fillon. Il est largement connu et on admettra sans peine qu'elle a su aider son mari à pratiquer son anglais et réduire les frais de baby-sitters. Étudiante en langues, elle se formera peu longtemps au droit (pour devenir solicitor, soit notaire). Âgée de 25 ans, elle épouse #François Fillon. Soit 37 ans de vie commune pour finir ce jour dans le bureau de juges. Elle est depuis 2014 une très discrète conseillère municipale de Solesmes (1 200 h) tout en restant parisienne. Ses divers comptes bancaires sont très correctement garnis (voir sur le site fillon2017). Elle évoque surtout, depuis ses entretiens médiatiques et ses longues auditions, le film Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause.

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On l'écoute attentivement... Et de quoi finalement, les Fillon sont-ils le nom, comme le titrait La Revue des Deux Mondes ? D'un couple ayant entraîné le trop docile Marc Joulaud à s'exposer à de lourdes amendes, voire, comme eux, à une peine de détention sans doute assortie de sursis, si (voire seulement si) le Penelopegate aboutit à son terme logique. François Fillon veut être jugé sur son parcours d'homme public pour escamoter son parcours judiciaire, d'homme d'affaires valorisant son carnet d'adresses et sa vie privée ? Chiche. Au chef d'escroquerie aggravée s'ajoute indubitablement celui d'escroquerie intellectuelle.