Marianne revient sur le prêt de 50 000 euros que le patron de La Revue des Deux Mondes, employeur de Penelope Fillon, avait accordé, en 2013, à son ami #François Fillon. Mais alors que François Fillon arpentait, à Marseille, la rue de la Prison, l'hebdomadaire apprenait que c'est in extremis que le candidat de sa formation, Les Régaliens (LR), avait remboursé ce prêt. Le Penelopegate, c'est Le Canard enchaîné, avec le titre du 25 janvier "les 600 000 euros gagnés par Penelope qui empoisonnent Fillon". En fait, c'est beaucoup plus, enfin, bien davantage pour qui met six mois au moins pour obtenir la différence, par son travail, frais d'achats de costumes déduits. François Fillon, comme tous les médias, toute la classe politique qui reçoivent le volatile par coursier, l'apprend le mardi 24 au soir. Et clac, trois jours plus tard, François Fillon trouve opportun de rembourser un prêt qu'il avait omis (faute d'assistants parlementaires compétents dotés de mémoire), de déclarer à la Haute Autorité. Alors qu'il n'avait alors plus qu'un compte joint au Crédit Agricole de la Sarthe (en fait, une douzaine, comme tout un chacun, mais c'est ce qu'il claironnait), François Fillon tape sa femme, peut-être ses enfants, Charles et Marie Fillon, éventuellement le Pdg d'Axa, ou bien l'ami Fouad Makhzoumi, ou encore le très généreux donateur de ses costumes, et paf, il allonge cent billets de 500 euros à Marc Ladreit de Lacharrière.

Trafic d'influence, non

Les magistrats instructeurs sont bon garçon et bonnes filles. Ils ont laissé de côté le chef de poursuites de trafic d'influence. Il faut croire qu'ils ne font pas la même lecture de la presse que le commun des mortels un tant soit peu congru en droit et code de procédure pénale. Mais ne posons pas en "rebelle", en casseur de baraque, en antisystème (voire factieux), comme François Fillon, et glissons. Le prêt fut donc remboursé à temps pour l'édition du Canard du 7 mars dernier (avec en titre de page une, "François Fillon, le repris de justesse"), qui s'étendait sur ce prêt. C'est cela le just in time : le stock (de billets) n'est plus dans les hangars, mais déjà dans les estafettes de livraison. Cela me rappelle quand des Pakistanais basés près de Gatwick suivaient les cours des téléphones portables et faisaient balader des convois de 3,5 t entre divers pays européens (dont le Luxembourg), histoire de frauder à la TVA et de livrer au meilleur prix au meilleur acheteur, où qu'il soit dans l'Union européenne. On saurait désormais à quoi Penelope Fillon était employée : à surveiller les transferts de pognon ? À suivre le flouze, le grisbi, la fraiche, au GPS ? Honnie médisance, calomnie, billevesées et calembredaines. Non. Son ouvrage consistait en dévotions pour le salut présidentiel de son mari : paters, aves, psalmodies de De imitatione Christi, aux frais du contribuable, certes, mais pour le salut de nos âmes. Et sous le costume à 6 500 euros de François Fillon, le cilice, l'haire de mortification, car Ego autem, cum mihi molesti essent, induebar cilicio. Sous les chaussettes cardinalices du candidat, la gale, l'érésipèle qui gratouille plus que chatouille, faute d'épines de la Sainte-Croix. Croyons-y très fort. Et jetons l'anathème sur #Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur LR de l'Yonne, allant s'auxerrer dans les bras d'Emmanuel Macron, au fallacieux prétexte que le reniement de la parole (de François Fillon) lui porterait préjudice électoral. Qu'il se remémore le mauvais et le bon larron, crucifiés tous deux aux côtés de François Fillon à son Golgotha judiciaro-médiatique : c'est bien sûr le bon larron qui, réélu, conserva son siège au Luxembourg, puis au plus haut des cieux. Tout le monde qui ne fut pas au Trocadéro n'ira pas au paradis.