Une profonde recomposition politique est en cours depuis la nomination d'#Emmanuel Macron en tant que #Président de la République. En effet, chacun espère tirer parti de cette victoire soit en cherchant à se faire investir sur les listes du mouvement du président entrant, soit en s'inscrivant dans l'opposition en agitant la menace d'une majorité parlementaire En Marche !, laquelle octroierait au président les pouvoirs législatif et exécutif. Dans les partis traditionnels aux frontières du mouvement d'Emmanuel Macron, le #PS et LR, les stratégies sont confuses, certains souhaitant être investis sur les listes d'En Marche, d'autres souhaitant entrer sans ambiguïté dans l'opposition en étant investi par leur parti.

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Le PS écartelé

La fragmentation qui avait vu le jour en 2014 avec la naissance de la fronde contre certains projets gouvernementaux, puis avec les comportements disparates de chacun lors de la campagne présidentielle, se confirment ici dans le cadre des élections législatives. Trois camps se distinguent clairement, comme nous l'indiquions dans un article précédent : une tendance (majoritaire) à la double-étiquette PS et En Marche !, une tendance pragmatique prônant l'investiture par le PS puis la collaboration ou non avec le gouvernement au cas par cas, en fonction des réformes, et enfin une tendance (minoritaire) à l'opposition frontale avec le nouveau Président de la République, défendue par les anciens frondeurs. Face à ce débordement à sa droite et à sa gauche, le parti semble avoir du mal à lier les deux camps internes d'une cohérence, d'où l'immense flou qui subsiste de la base programmatique décrétée pour les législatives.

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En effet, de nombreuses propositions de Benoît Hamon ont été passées sous le tapis par le bureau national, comme le revenu universel d'existence, la fin du nucléaire civil ou encore la sortie du diesel à l'horizon 2025. En revanche, des propositions telles que le maintien de l'ISF ont été conservées. Bref, il est clair que cette base sert de consensus aux candidats prêts à rejoindre les listes d'En Marche ! mais ayant été refoulés, et aux candidats prêts à une union de la gauche grâce à une alliance avec le PCF et EELV. Ainsi, Benoît Hamon, lui-même candidat aux législatives dans les Yvelines et député sortant, a fait part de son désaccord vis-à-vis de cette base programmatique, et a affirmé qu'il ne fallait pas hésiter à adopter des positions qui clivent.

Les Républicains confus

Chez Les Républicains aussi une division profonde prend place, entre les tenants d'une collaboration avec le gouvernement, et donc d'une investiture par En Marche ! aux législatives, et entre les tenants d'une opposition frontale avec l'exécutif qui demandant la clarté et préfèrent que les candidats républicains soient investis par leur parti pour ensuite faire la guerre aux réformes prônées par Emmanuel Macron.

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Mais, à la différence du PS, la direction des Républicains est claire et assure l'exclusion de tous ses membres investis par En Marche ! De sorte que des personnalités telles que Nathalie Kosciusko-Morizet, Edouard Philippe, Bruno Le Maire, ou des proches d'Alain Juppé sont menacées étant donné les positions qu'elles défendent.

Double-attitude d'En Marche !

Pour l'instant, le mouvement d'Emmanuel Macron a largement investi des candidats réputés de gauche et presque aucun candidat réputé de droite. De ce fait, il fait très attention à rétablir l'équilibre en refusant notamment l'investiture de socialistes tels que Manuel Valls ou Malek Boutih, bien qu'il ne mette aucun candidat face à eux, et en ouvrant grandes les portes aux membres des Républicains. C'est un appel du pied à la droite qui sera sans doute entendu par ceux qui semblent déjà tentés par une aventure commune avec le gouvernement centriste, d'autant que le Président de la République laisse entendre qu'il nommerait Premier ministre un homme de la droite modérée tel qu'Edouard Philippe, maire du Havre et proche d'Alain Juppé.