Le Figaro accorde une longue tribune à Éric Zemmour qui accuse #Marine Le Pen d'être subjuguée par Jacques Sapir, économiste contempteur de l'euro, et d'avoir "changé en plomb tout l'or qu'elle touchait". Rassurez-vous, la très fortunée Marine Le Pen continuera d'être assistée par le contribuable. Sur le fond, Éric Zemmour soutient que Marine Le Pen aurait pu obtenir 45 % des suffrages, qui se seraient transformés en intentions de vote pour la formation d'un puissant groupe parlementaire #Front National. Ensuite, en 2022, élue présidente, elle aurait eu les coudées franches pour tenter d'instaurer un régime à la Erdogan dont la voix officielle aurait été celle d'Éric Zemmour ? Pour cela, il fallait s'en tenir aux fondamentaux : sécurité-répression, arrêt total (certes illusoire) de l'immigration, France aux seuls Français de souche, oublier tout programme économique tout en promettant le plein emploi… Ce que Zemmour reproche au trio Jacques Sapir, Florian Philippot et Marine Le Pen, c'est d'avoir tenté de piquer des voix de gauche et mis l'accent sur la question européenne pour créer une alliance "patriotique".

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Mais "cette alliance avait un prix : il fallait mettre un bémol sur l'immigration". Pour Zemmour, la double erreur fut d'avoir "méprisé" l'électorat de François Fillon (le FN a pourtant capté le cinquième des voix Fillon) et de racoler à gauche. Pourtant, c'est bien avec des voix qui se portaient autrefois sur les candidats du PCF ou du PS que Marine Le Pen a obtenu 21 % des suffrages. Avec un seul argument : le mépris dans lequel "les élites" sont présumées tenir "le peuple" et le sentiment d'insécurité…

Menacés de partout !

Par deux fois, une amie assise à la terrasse d'un bar parisien fut racolée par des électrices de Marine Le Pen. La première, apparemment une miséreuse "restant à peu près propre", tenta de la persuader qu'elle ne comprenait rien à rien. Ayant répliqué qu'elle était niveau bac+6, elle s'entendit demander si elle était bien française… L'électrice FN avait cru déceler en elle le péril "boche", soit la porte largement ouverte au Grand Remplacement. La seconde interlocutrice se lamenta sur l'insécurité mais finit par admettre qu'en 15 ans de résidence dans le quartier, elle n'avait jamais été une seule fois agressée.

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Qu'importe… Au mépris du réel (que faisait-elle donc à une terrasse alors qu'elle se déclarait paniquée à l'idée de sortir de chez elle ?), elle se disait terrorisée. Le Canard enchaîné a reproduit la lettre ouverte d'Éric Gold, maire de Saint-Priest (Puy-de-Dôme), à ses administrés. Lesquels ont été près de 40% à voter FN. Il en cite douze par leurs prénoms, remémorant à l'un que "la dernière fois que quelqu'un s'est fait molester à Saint-Priest", il n'était pas né. Un autre dénonçant "les assistés" est "celui qui a plus bénéficié" des aides sociales communales et dont la mère perçoit l'allocation d'autonomie (Apa). Une femme logée en appartement social clame que tout profite aux "autres". Un "qui veut faire payer les fraudeurs" œuvre au noir !. Et le maire termine par "aux 143 autres qui souhaitent une petite phrase avec leur prénom, je me tiens à leur disposition.". Rien n'y fera. Dans les petites communes ne comptant pas d'immigrés, en des zones rurales où leur présence est inférieure à 5 %, le FN frôle le plein, voire obtient la majorité.

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L'exemple flagrant est le Pas-de-Calais (52 % pour le FN, 2,2 % d'immigrés dans le département). Mais il est vrai que les migrants se voient beaucoup dans des camps. Le Monde interroge chaque jour l'électorat FN. C'est partout la même antienne : sentiment d'abandon, menace sécuritaire, rejet du "banquier Macron", reprise avec variantes amplificatrices des rumeurs les plus délirantes. Dans les secteurs urbains de très longue immigration maghrébine, même bons résultats FN, par crainte des générations suivantes ou des nouveaux venus. De ce fait, Zemmour félicite Marine Le Pen pour son agressivité lors du débat face à Emmanuel Macron : "ce fut sans doute son seul atout". Même son de cloche de la part de Robert Ménard, maire de Béziers : il ne fallait pas parler d'euro et défendre une ligne à droite toute. Marine Le Pen aurait dû marteler davantage "avec Macron, c'est l'islamisme en marche". Emmanuelle Duverger, compagne de Robert Ménard, a été investie par le FN sur la circonscription. Pour elle, "ce qui intéresse les gens, ce sont les questions d'identité ou de société". Une identité définie fortement menacée. En gros, tout candidat qui n'est pas FN ou affidé est agent de l'étranger aux mœurs douteuses prônant "la submersion migratoire", favorisant délinquance et "violence endémique". Mieux vaut ne plus pouvoir payer la cantine scolaire devenue interdite aux enfants des plus pauvres mais rester "français" entre "Français". Bref, Zemmour regrette que la ligne Marion Maréchal-Le Pen/Gilbert Collard n'ait pas dominé... On verra aux législatives si elle fait mieux ou pis que celle de la direction. #Éric Zemmour