Le second tour des élections législatives françaises a été marqué hier par une abstention record de 57,4%. Certains s'interrogent même sur la légitimité d'un scrutin national pour lequel moins d'un français sur deux s'est déplacé dans les bureaux de vote. Quoi qu'il en soit, les noms des nouveaux députés sont désormais officiels.

Un parti a remporté la majorité absolue (fixée à 289 sièges). Il s'agit logiquement de La République en Marche (LREM), la nouvelle formation du président fraîchement élu #Emmanuel Macron, qui obtient 308 sièges. Ses alliés du Modem en ont remportés 42, ce qui fixe la majorité présidentielle à 350 députés, un plébiscite qui permettra au nouveau #Gouvernement d'appliquer son programme à la lettre.

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En revanche, le chiffre est inférieur à ceux des sondages ; certains avaient prévu plus de 400 sièges pour les candidats soutenus par le nouveau président de la République.

Les six ministres d'Edouard Philippe élus

Quant aux six ministres qui se sont également portés candidats aux #législatives, ils ont tous été élus, à commencer par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire (ex-Les Républicains) dans l'Eure. C'est également le cas d'Annick Girardin, ministre des Outre-Mers à Saint-Pierre-et-Miquelon, Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement dans les Alpes-de-Haute-Provence, Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au Numérique à Paris, ou encore Marielle de Sarnez (Modem) à Paris également. Plus étonnant, le ministre de la Cohésion des Territoires, Richard Ferrand, actuellement visé par des soupçons de conflit d'intérêt, a retrouvé son siège en Bretagne.

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Les Républicains et le parti Socialiste en net recul

A droite, Les Républicains et leurs alliés de l'UDI (Union des Démocrates et Indépendants) obtiennent 123 sièges, en net recul par rapport à la précédente législature, auxquels il faut ajouter sept députés élus sous l'étiquette Divers Droite, soit un total de 130 sièges. On notera les réélections de Thierry Solère, Christian Jacob et Eric Woerth. En revanche, à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a été battue. Le chef de file des Républicains pendant la campagne, François Baroin, se félicite toutefois de la "constitution d’un groupe suffisamment important pour faire valoir nos convictions, pour défendre nos valeurs".

Du côté du parti Socialiste, c'est la catastrophe. Avec seulement 30 députés, le mouvement de l'ex-président Hollande réalise son plus mauvais score historique. Les anciens ministres Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine et Myriam El Khomri ont été battus, alors que Manuel Valls, investi ni par le PS ni par LREM, conserve son fauteuil de justesse, avec 50,3% des voix.

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Face à cette bérézina, le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a immédiatement démissionné de son poste : "Je prends cette décision sans amertume ni colère, conscient de mon devoir et du moment crucial que traverse la gauche". A l'Assemblée, les 30 élus PS pourront éventuellement former un groupe avec les 3 radicaux de gauche, 12 divers gauche, et un élu écologiste.

La gauche radicale aura son groupe

Par ailleurs, la France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, lui-même élu à Marseille, a remporté 17 fauteuils de députés, et pourra former un groupe plus important avec les 10 parlementaires élus sous l'étiquette du parti Communiste.

A l'autre extrême, le Front National a souffert du système de votation uninominale à deux tours, et n'obtient que huit élus, soit tout de même six de plus qu'en 2012, sans compter le fauteuil de Jacques Bompard (Ligue du Sud). Marine Le Pen et Louis Aliot feront ainsi leur entrée à l'Assemblée Nationale sans Florian Philippot, battu en Moselle.

Les huit derniers sièges seront occupés par trois nationalistes corses, et cinq candidats sans étiquette.