Anémie, tremblements, troubles gastriques, cataracte... le burn out ou le syndrome d'épuisement ira-t-il un jour grossir les rangs de ces maladies professionnelles ? C'est en tout cas ce que des députés ont réclamé ce week-end dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche. « Ce que l'on nomme souvent burn out est en train de devenir une question majeure dans notre société du 21e siècle. [...] Nous demandons la reconnaissance de l'épuisement comme maladie professionnelle. »

Et ils ajoutent : « Or cette reconnaissance est indispensable pour faire que les effets de l'épuisement nerveux au travail soient à la charge de ceux qui en sont responsables, c'est-à-dire les employeurs. [...] Faire ainsi basculer le financement des effets du burn out sur la branche Accident du travail et maladies professionnelles - financée par les cotisations patronales à 97% - mettrait fin à une situation inéquitable. »

Avant les élus, deux autres alertes avaient été lancées sur le sujet du burn out en quelques mois.

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Il y a eu d'abord l'étude de Technologia, qui estime le coût du « stress professionnel » pour la collectivité entre 2 et 3 milliards d'euros, « soit 10 à 20 % des dépenses de la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité Sociale. » Puis des médecins du travail ont lancé un appel : « Beaucoup de ces salariés [...] rencontrent de gros problèmes pour leur retour dans le monde professionnel; nombreux sont ceux qui ne veulent plus réintégrer leur entreprise », écrivent-ils.

Le burn out, un phénomène nouveau à appréhender

Dans son étude, le lanceur d'alerte Technologia commence à mettre en garde contre un concept « flou » : « Le burn out est une notion dont les contours sont encore flous. [...] Mais cette absence de définition claire signe aussi la difficulté qu'a la communauté scientifique à nommer une réalité qui se trouve au croisement des domaines médical, psychologique, et sociologique », peut-on lire.

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Du côté des causes, le rapport établit deux grandes catégories : l'organisation du travail et la vie personnelle. En clair, et comme le sous-entendent les députés, la multiplication des cas de burn out suit l'évolution d'une économie de plus en plus « tertiarisée », mondialisée et incertaine. « L'ensemble de ces changements oblige les salariés à faire en permanence avec un grand nombre de variables d'incertitude afin d'atteindre leur objectif de manière adéquate », écrivent les auteurs. Si ces difficultés professionnelles viennent rencontrer des personnalités vulnérables, le risque de burn out est élevé.

Maintenant que des élus ont rejoint des professionnels de santé pour attirer l'attention sur ce phénomène, les pouvoirs publics auront du mal à l'ignorer. Pour les accompagner dans leur demande, l'étude de Technologia donne des arguments en faveur de la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle. D'abord, ils invoquent la « sanction positive » qui permettrait aux dirigeants d'entreprises de prendre conscience des dangers.

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Le cabinet rappelle que des procès impliquant des grandes entreprises ont eu lieu ces dernières années et que la sanction financière qu'ils encourent va certainement faire réfléchir les managers. Attention quand même à ne pas généraliser et à prendre en compte les situations individuelles.