C'est un fait, le cancer en #Afrique ne cesse de progresser. D'après l'Organisation Mondiale de la Santé, plus de 60% des nouveaux cas surviennent sur ce continent. Cet accroissement spectaculaire de la maladie, en seulement quelques années, inquiète les professionnels de la santé. Et à raison…

En 2012, le cancer a été identifié comme étant l'une des principales causes de mortalité dans le monde avec 8.2 millions de décès. En Afrique comme partout ailleurs, le développement d'un cancer est dans 30% des cas lié à 5 facteurs : un IMC élevé (Indice de Masse Corporelle), le manque d'activité physique, une faible consommation de fruits et légumes, la consommation d'alcool et le tabagisme.

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Ce dernier est d'ailleurs, selon l'OMS, « le facteur de risque le plus important, entraînant dans le monde environ 20% de la mortalité par cancer et près de 70% des décès par cancer du poumon ». Ajoutons également parmi les facteurs de risque en Afrique, le vieillissement de la population et une urbanisation anarchique aux répercussions sanitaires néfastes.

Un diagnostic trop tardif…

L'un des premiers responsables du taux de mortalité lié au cancer est le diagnostic tardif de la maladie. Selon trois récentes études, la plupart du temps les patients ne sont diagnostiqués que lorsque la maladie a déjà atteint les stades 2 ou 3. La raison ? Le manque de structures adéquates et de personnel qualifié. De fait, le taux de rémission complète ne dépasse pas les 25 % en Afrique, quand il atteint 60 % dans les pays occidentaux dotés d'un système de santé efficace.

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Un enjeu sanitaire

Lors du congrès mondial des traitements anticancéreux qui s'est tenu à Paris ce mardi 3 février, la Ministre de la santé de la Côte d'Ivoire, Raymonde Goudou-Coffie, a confirmé que « le cancer [est] devenu un problème de santé publique ». Elle a également rappelé les mesures préventives prises par le pays dans le cadre de son Programme national de lutte contre le cancer. Soit 6 000 jeunes filles vaccinées afin de prévenir le cancer de l'utérus et l'établissement d'une convention avec des laboratoires pharmaceutiques « pour offrir une thérapie ciblée à 5 000 femmes atteintes d'un cancer du sein ». En effet, rappelons que les femmes qui ont entre 45 à 55 ans sont les plus touchées et représentent plus de la moitié des nouveaux cas de cancer en Afrique.

Des cancers spécifiques

Le continent voit également apparaitre des cancers spécifiques, comme celui de la voute plantaire. La raison selon le Dr Charles Gombé, chef du service cancérologie et radiothérapie au CHU de Brazzaville (Congo), serait que de nombreuses personnes se promènent pieds nus dans les zones rurales.

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Les zones d'appuis sont donc très sollicitées et « sujettes à des microtraumatismes qui peuvent créer des lésions qui dégénèrent en cancer ». Autre constat, le cancer de la peau qui apparait chez les personnes albinos en raison de la forte exposition aux rayons du soleil.

Pour améliorer la situation sanitaire en Afrique en regard de la progression du cancer, de nombreux pays devraient améliorer leurs infrastructures et veiller à la formation en plus grand nombre de personnel hospitalier, médecins et infirmières spécialisés en oncologie. Mais encore une fois, l'argent est problématique, et le manque de moyen s'en ressent, fatalement. Par ailleurs, l'accès au traitement représente un coût élevé pour beaucoup d'Africains lorsqu'ils n'ont pas de couverture sociale. Pas moins de 1000 euros mensuel à Brazzaville pour un traitement, quand le salaire minimum au Congo est de seulement 188 euros par mois…